RDC : le virus de l’Ebola atteint Goma, faisant craindre une propagation régionale
Un premier cas d’Ebola a été confirmé dimanche à Goma, grande ville stratégique de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) contrôlée par les rebelles de l’AFC/M23, alimentant les craintes d’une propagation rapide du virus dans la région des Grands Lacs.
Selon les autorités sanitaires congolaises, la patiente infectée par le variant Bundibugyo est arrivée de Bunia, épicentre actuel de l’épidémie dans la province de l’Ituri.
Le professeur Jean‑Jacques Muyembe, directeur de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), a déclaré à la presse qu’il s’agissait « de l’épouse d’un homme décédé d’Ebola à Bunia ».
« Après la mort de son mari, elle a rejoint Goma alors qu’elle était déjà contaminée », a-t-il précisé.
Dans un communiqué, les autorités rebelles administrant Goma ont annoncé l’activation immédiate des mécanismes de riposte sanitaire afin d’éviter toute transmission dans cette ville de plus d’un million d’habitants, située à la frontière du Rwanda.
La malade a été placée en isolement tandis que les équipes médicales recherchent les personnes ayant été en contact avec elle. Les contrôles sanitaires ont également été renforcés aux principaux points d’entrée et de sortie de la ville.
Le Rwanda a de son côté partiellement fermé sa frontière avec Goma après l’annonce du cas confirmé.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclenché dimanche une « urgence de santé publique de portée internationale », son deuxième niveau d’alerte le plus élevé, face à cette flambée épidémique qui touche désormais plusieurs zones de l’est de la RDC et l’Ouganda voisin.
D’après Africa CDC, l’épidémie a causé au moins 88 décès potentiellement liés au virus sur 336 cas suspects recensés.
Le variant Bundibugyo demeure rare et particulièrement préoccupant pour les autorités sanitaires, aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’existant actuellement contre cette souche d’Ebola. Les précédentes flambées liées à ce variant ont affiché un taux de létalité compris entre 30 % et 50 %, selon l’OMS.
Saliou Cissé
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