Afrique : Le Maroc accélère la légalisation du cannabis tandis que la répression s’intensifie en Casamance
Le Maroc a considérablement élargi en 2025 son dispositif légal encadrant la production de cannabis à usage médical et industriel, tandis que la Casamance reste le théâtre d’opérations militaires visant à éradiquer les cultures.
Selon Mohamed El Kharrouj, directeur général de l’Agence nationale de réglementation du cannabis, 4 147 autorisations ont été délivrées en 2025, portant à 5 765 le nombre total de licences actives. La grande majorité concerne la culture, bénéficiant à plus de 5 300 agriculteurs, dans le cadre d’une stratégie lancée après la loi adoptée en 2022 pour structurer le secteur.
La production de cannabis séché a atteint près de 19 600 quintaux, en légère hausse sur un an, sur une superficie d’environ 3 100 hectares. Rabat mise sur l’exportation vers plusieurs marchés internationaux, notamment en Europe et en Australie, afin de capter une part d’un marché mondial en pleine expansion.
À plusieurs milliers de kilomètres au sud de la Gambie, la situation contraste fortement. En Casamance, marquée par des décennies de conflit armé, les autorités sénégalaises ont intensifié les opérations militaires de lutte contre la culture illégale de cannabis.
Des unités de l’armée sénégalaise ont été déployées pour « ratisser » les zones agricoles suspectées d’abriter des plantations. Selon des sources locales, ces opérations s’accompagnent d’arrestations massives et, dans certains cas, d’affrontements meurtriers avec des cultivateurs.
Pour de nombreux habitants, la culture du cannabis reste pourtant une source essentielle de revenus, aussi dans toutes les régions du Sénégal surtout en Petite Côte où les alternatives économiques sont limitées. Cette répression souligne le contraste croissant entre les approches africaines face à cette culture : régulation et intégration économique au Maroc, contre interdiction stricte et réponse militaire en Casamance par le gouvernement sénégalais.
Les observateurs estiment que ces stratégies divergentes pourraient accentuer les tensions sociales et économiques dans les zones rurales les plus fragiles du continent.
Maléguène
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