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Tunisie : La justice confirme la peine de deux journalistes, les ONG dénoncent un « harcèlement judiciaire »

Tunisie : La justice confirme la peine de deux journalistes, les ONG dénoncent un « harcèlement judiciaire »

La Cour d’appel de Tunis a confirmé mardi la condamnation à trois ans et demi de prison des journalistes tunisiens Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies pour « blanchiment d’argent » et « évasion fiscale », dans une affaire dénoncée par des organisations de défense de la presse comme une nouvelle atteinte à la liberté d’expression en Tunisie.

« Nous sommes très déçus de ce verdict », a déclaré leur avocat, Sami Ben Ghazi, après la décision de la chambre criminelle de la Cour d’appel de Tunis. Les deux journalistes avaient déjà été condamnés en première instance en janvier à la même peine.

Selon des médias tunisiens, la justice a également maintenu des sanctions financières et la confiscation de certains avoirs et participations détenus par les deux accusés.

Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, figures connues du paysage audiovisuel tunisien et collaborateurs de Radio IFM, sont détenus depuis mai 2024. Ils avaient d’abord été poursuivis en vertu du décret-loi 54, un texte adopté en 2022 pour lutter contre la désinformation en ligne mais régulièrement critiqué par les ONG et les syndicats de journalistes, qui l’accusent de servir à museler les voix critiques du pouvoir.

Après une première condamnation pour « diffusion de fausses nouvelles », leur peine avait été réduite en appel à huit mois de prison. Mais avant leur libération attendue début 2025, une nouvelle enquête pour blanchiment d’argent et infractions fiscales avait conduit à leur maintien en détention.

Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé « un harcèlement judiciaire » et des accusations « sans fondement », appelant à la libération immédiate et inconditionnelle des deux journalistes. L’organisation estime que leur affaire illustre « une spirale répressive » visant les médias indépendants sous la présidence de Kaïs Saïed.

Depuis la concentration des pouvoirs par le président tunisien en 2021, les organisations de défense des droits humains alertent sur un recul des libertés publiques et de l’indépendance de la justice dans le pays.

Saliou Cissé

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