Casamance : Chasse aux journalistes, l’Agence France-Presse chassée et interdite de reportage en Casamance par le gouvernement du Sénégal
Vendredi noir pour l’équipe de l’Agence France-Presse (AFP) en mission à Ziguinchor ! En pleine enquête sur les cicatrices laissées par la guerre en Casamance, les journalistes français ont été brutalement convoqués à la gendarmerie, puis sommés de quitter la ville sur-le-champ. Leur crime ? Avoir voulu montrer ce que personne ne veut voir : la réalité d’un conflit étouffé, les exactions de l’armée, et surtout… un officier prisonnier de guerre sénégalais que les indépendantistes s’apprêtaient à exhiber devant les caméras.
« C’est un vent glacial qui souffle sur la liberté de la presse au Sénégal », rapporte un journaliste de la BBC.
Une mise en scène trop explosive ?
Selon nos sources, le reportage s’annonçait explosif : témoignages de déplacés, ruines de villages, déminage et cerise sur le gâteau, la preuve vivante d’un soldat officier sénégalais capturé. Un affront militaire et diplomatique que les autorités n’ont manifestement pas digéré.
Matériel saisi, journalistes expulsés, consigne de silence.
L’équipe de l’AFP a été escortée hors de Ziguinchor. Leur matériel audiovisuel ? Inaccessible. Leur état de santé ? Inconnu. Contactée à l’adresse : 2, Place de l’Indépendance, Immeuble SDIH à Dakar, la direction de l’agence reste muette. Que cherche-t-on à cacher ?
Casamance : zone rouge pour la presse libre !
Ce n’est pas un cas isolé. En avril dernier, c’est la chaîne Al Jazeera qui a subi le même sort. Leur faute ? Avoir tenté de documenter le retour des déplacés de guerre. Résultat : interpellations, confiscations, intimidations. Même sort pour René Capain Bassène, journaliste-investigateur local condamné à vie pour avoir osé parler des seigneurs de guerre de Casamance.
Liberté de la presse en otage ?
À force de vouloir taire les voix qui dérangent, le Sénégal risque de devenir un cimetière pour le journalisme d’investigation. Casamance, paradis interdit ou enfer caché ? La question est posée.
Balanta Mané
