Mali : La ville de Kidal tombe aux mains de groupes armés
La ville de Kidal, dans le nord du Mali, est passée sous le contrôle de groupes armés à l’issue d’attaques coordonnées menées contre plusieurs positions stratégiques, ont indiqué lundi des sources sécuritaires et locales, dans un contexte de dégradation rapide de la situation sécuritaire.
Ces opérations simultanées ont également visé des zones proches de la capitale Bamako, notamment la ville garnison de Kati, où une attaque à la voiture piégée a coûté la vie au ministre de la Défense, Sadio Camara, selon un communiqué officiel.
Le gouvernement de transition a précisé que le ministre avait été blessé lors d’échanges de tirs avec les assaillants avant de succomber à ses blessures à l’hôpital. L’attaque a également fait d’autres victimes et provoqué des dégâts matériels importants, dont la destruction partielle de bâtiments voisins.
L’état-major des Forces armées maliennes (FAMa) a décrit des attaques « coordonnées, simultanées et complexes », impliquant notamment des véhicules piégés, des engins explosifs improvisés et des tirs indirects contre des positions militaires. Les FAMa ont annoncé s’être repositionnées dans la localité d’Anéfis, dans la même région.
Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a déclaré que les forces armées avaient « neutralisé des centaines d’assaillants » lors des opérations de riposte, appelant la population au calme.
À Bamako, les activités ont repris lundi malgré un renforcement visible des dispositifs de sécurité et le maintien de mesures de vigilance.
Plusieurs groupes armés ont revendiqué ces attaques, affirmant avoir pris le contrôle de Kidal, une ville stratégique du nord du pays. Cette localité avait été reprise par l’armée malienne en 2023 lors d’une offensive appuyée par des combattants étrangers liés à une structure paramilitaire russe.
Dans ce contexte, des sources évoquent un retrait des forces alliées étrangères présentes à Kidal, tandis que les autorités maliennes assurent poursuivre des opérations pour reprendre le contrôle du territoire.
La Confédération des États du Sahel (AES) a dénoncé un « complot » visant à déstabiliser les institutions, sans fournir de preuves.
À l’international, plusieurs partenaires, dont la France, ont exprimé leur inquiétude face à l’escalade des violences, condamnant les attaques visant des civils et appelant à un retour à la stabilité.
Face à la dégradation sécuritaire, les autorités ont instauré un couvre-feu de 30 jours dans la région de Koutiala, limitant les déplacements nocturnes afin de soutenir les opérations militaires.
Le Mali est confronté depuis plus d’une décennie à une insécurité persistante liée à la présence de groupes armés, dans un contexte de transition politique engagé depuis 2020.
Saliou Cissé
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