Pérou : Keiko Fujimori remporte de justesse la présidentielle sur fond de crise sécuritaire
La dirigeante conservatrice Keiko Fujimori a été officiellement déclarée vendredi victorieuse de l’élection présidentielle au Pérou, au terme d’un second tour extrêmement serré marqué par des semaines de contestations, d’accusations de fraude et de recomptages des suffrages.
Selon les résultats certifiés par les autorités électorales, Keiko Fujimori a obtenu 50,135 % des voix, soit plus de 9,223 millions de suffrages, contre 49,865 % pour son rival nationaliste Roberto Sánchez, qui a recueilli un peu plus de 9,173 millions de voix. L’écart final est d’environ 50.000 votes sur près de 18 millions de bulletins exprimés.
Âgée de 51 ans, Keiko Fujimori accède à la présidence à l’issue de sa quatrième candidature, après ses défaites en 2011, 2016 et 2021. Elle prêtera serment à la fin du mois, devenant la neuvième présidente du Pérou en dix ans, dans un pays secoué par une instabilité politique chronique.
La campagne a été dominée par les préoccupations des électeurs face à la montée de la criminalité, notamment des extorsions attribuées à des gangs liés au crime organisé. Promettant de gouverner avec fermeté, Keiko Fujimori s’est engagée à renforcer la lutte contre l’insécurité, à construire de nouvelles prisons et à durcir la politique pénale afin de rétablir l’ordre public.
Fille de l’ancien président Alberto Fujimori, décédé en 2024, la nouvelle cheffe de l’État hérite d’un nom qui demeure profondément clivant. Son père est crédité d’avoir vaincu l’insurrection du Sentier lumineux dans les années 1990, mais son mandat a également été marqué par une dérive autoritaire. Il avait été condamné en 2009 pour des violations des droits humains commises dans le cadre de la lutte contre la guérilla, puis pour corruption.
Roberto Sánchez, considéré comme l’héritier politique de l’ancien président Pedro Castillo, a rejeté le résultat officiel, dénonçant des irrégularités sans en apporter la preuve et annonçant qu’il ne reconnaîtrait pas le futur gouvernement. Cette contestation laisse présager de nouvelles tensions dans un pays profondément polarisé
Cathy Manga
Laisser un commentaire
Vous devez être connecté en pour poster un commentaire.
