Sahara occidental : Le Premier ministre du Timor oriental appelle à l’organisation d’un référendum d’autodétermination
Le Premier ministre du Timor oriental, Kay Rala Xanana Gusmão, a appelé vendredi à la mise en œuvre des résolutions des Nations unies prévoyant l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental, estimant que ce territoire demeure l’un des dossiers de décolonisation non résolus de la communauté internationale.
S’exprimant à l’Université de Lisbonne, où il recevait le prix « Professeur Docteur Jorge Miranda : Constitution et Droits de l’Homme », le dirigeant timorais a consacré une partie de son discours à la situation du peuple sahraoui, établissant un parallèle avec le combat mené par le Timor oriental pour son indépendance.
« Permettez-moi, car je ne peux faire autrement, de mentionner ici un autre peuple qui, bien que plus proche de l’Europe, continue de souffrir : le peuple sahraoui », a déclaré Xanana Gusmão.
Le Premier ministre, figure historique de la lutte pour l’indépendance du Timor oriental, a rappelé que la création en 1991 de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) avait constitué une source d’espoir pour les indépendantistes timorais, alors engagés dans leur propre lutte contre l’occupation indonésienne.
Selon lui, le report du référendum prévu au Sahara occidental en 1992 avait été vécu comme une profonde déception par la résistance timoraise. « Cette nouvelle nous a dévastés », a-t-il déclaré, évoquant les attentes suscitées à l’époque par le processus onusien.
Xanana Gusmão a également rappelé que, selon les avis et décisions de juridictions internationales, la question du Sahara occidental demeure un processus de décolonisation devant être réglé dans le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il a qualifié la liberté du peuple sahraoui de « l’un des rêves inassouvis » de la communauté internationale en matière de droits humains.
Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est revendiqué par le Maroc, qui contrôle la majeure partie du territoire, tandis que le Front Polisario réclame son indépendance et a proclamé la République arabe sahraouie démocratique. Les Nations unies considèrent le territoire comme non autonome et soutiennent depuis plusieurs décennies un processus politique destiné à parvenir à une solution mutuellement acceptable, incluant le principe de l’autodétermination. Le référendum prévu dans le cadre du cessez-le-feu de 1991 n’a toutefois jamais été organisé en raison de désaccords persistants entre les parties sur ses modalités.
Saliou Cissé
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