Vous êtes ici: Accueil » Actualité » Turquie / Kurdistan : Des milliers de Kurdes réclament la libération du chef historique du PKK

Turquie / Kurdistan : Des milliers de Kurdes réclament la libération du chef historique du PKK

Turquie / Kurdistan : Des milliers de Kurdes réclament la libération du chef historique du PKK

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Diyarbakir, principale ville à majorité kurde du sud-est de la Turquie, pour réclamer la libération d’Abdullah Ocalan, chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), dont l’appel à mettre fin à la lutte armée a ouvert une nouvelle phase dans le processus de paix engagé cette année.

Les manifestants se sont réunis sur une place du centre-ville en scandant des slogans en kurde, notamment « Serok Apo » (« Chef Apo »), en soutien au fondateur du PKK, âgé de 76 ans, emprisonné depuis 1999 sur l’île-prison d’Imrali, en mer de Marmara, où il est détenu dans des conditions d’isolement largement dénoncées par ses partisans.

La mobilisation intervient quelques mois après un tournant historique dans le conflit kurde. En 2025, à la suite d’un appel d’Abdullah Ocalan, le PKK a annoncé sa dissolution et la fin de sa lutte armée contre l’État turc, mettant un terme à une insurrection qui, en plus de quarante ans, a fait au moins 50.000 morts. Le mouvement a depuis entamé un processus de désarmement, organisé une première cérémonie symbolique de remise des armes dans le nord de l’Irak, où sont installés la plupart de ses combattants, et retiré ses derniers membres présents sur le territoire turc.

Prenant la parole devant les manifestants, Veysi Aktas, ancien codétenu d’Abdullah Ocalan sur l’île d’Imrali, a estimé qu’aucun règlement durable ne pourrait être trouvé tant que le dirigeant kurde resterait détenu dans les mêmes conditions.

« Il ne peut pas y avoir de paix par l’isolement », a-t-il déclaré. « La paix signifie la reconnaissance du peuple, le respect de l’identité et le respect de la volonté du peuple. »

Malgré les appels répétés de responsables politiques kurdes et de plusieurs organisations de défense des droits humains en faveur d’un assouplissement de son régime de détention, les conditions d’incarcération d’Abdullah Ocalan demeurent largement inchangées.

Les autorités turques ont toutefois autorisé ces derniers mois plusieurs visites de membres de sa famille, de ses avocats ainsi que de députés du parti pro-kurde DEM, engagé dans les discussions visant à accompagner le processus de règlement du conflit.

Le gouvernement turc considère le PKK comme une organisation terroriste, au même titre que les États-Unis et l’Union européenne. Si l’annonce de la dissolution du mouvement a été saluée comme une avancée majeure, plusieurs étapes restent à franchir avant une normalisation durable, notamment sur les questions du désarmement complet, des garanties politiques et des droits de la population kurde.

Les partisans d’Abdullah Ocalan estiment que sa libération, ou à tout le moins un assouplissement significatif de son régime de détention, constitue une condition essentielle à la consolidation du processus de paix.

Ibou Camara

Propager la liberté et l'indépendance de s'informer

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté en pour poster un commentaire.

Copyright © 2013 Tamba Networks Inc. All rights reserved.

Retour en haut de la page