France / Algérie : Engagement des discussions sur l’accord migratoire de 1968
La France et l’Algérie ont annoncé leur accord pour engager des discussions sur une évolution de l’accord bilatéral de 1968 relatif aux conditions de circulation, de séjour et d’emploi des ressortissants algériens en France, marquant une nouvelle étape dans le rapprochement entre les deux pays après plusieurs mois de tensions diplomatiques.
Dans un communiqué publié à l’issue de la visite de deux jours à Paris du ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, le ministère français de l’Intérieur a indiqué que les deux parties avaient convenu de travailler à une révision du texte.
« Au sujet de l’accord algéro-français de 1968, les parties ont décidé de travailler sur la base de propositions concrètes à venir à l’initiative de la France pour le faire évoluer », a précisé le communiqué.
Signé le 27 décembre 1968, l’accord accorde aux ressortissants algériens un statut dérogatoire en matière de séjour et d’accès au marché du travail en France, hérité de l’histoire particulière entre les deux pays après l’indépendance de l’Algérie. Ce texte est régulièrement au cœur des débats politiques français sur l’immigration.
Au-delà de cette question, les deux délégations ont convenu de renforcer leur coopération migratoire dans le cadre d’une approche globale associant les mobilités légales, les procédures de retour et la lutte contre l’immigration irrégulière.
« Les discussions, franches et pragmatiques, ont permis de confirmer la reprise d’une coopération loyale pour permettre une montée en puissance des retours. L’ensemble des consulats présents en France sont désormais pleinement mobilisés », a souligné le ministère français de l’Intérieur.
La révision de l’accord de 1968 constitue une revendication portée depuis plusieurs années par une partie de la classe politique française. En novembre 2025, l’Assemblée nationale avait adopté une résolution appelant à sa dénonciation, à l’initiative du parti d’extrême droite Rassemblement national (RN).
Réagissant alors à cette initiative, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, avait estimé qu’il s’agissait d’« une affaire franco-française », affirmant que les autorités algériennes n’avaient reçu aucune notification officielle de Paris sur ce sujet.
« Le gouvernement français ne nous a rien dit à ce sujet et donc, sur le fond, nous ne réagissons pas », avait-il déclaré, dénonçant également l’utilisation de l’histoire et des relations bilatérales dans le débat politique intérieur français.
Cette annonce intervient dans un contexte d’amélioration progressive des relations entre Alger et Paris après une grave crise diplomatique déclenchée à l’été 2024 par la décision du président français Emmanuel Macron de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, un territoire dont le statut reste contesté et sur lequel l’Algérie soutient le Front Polisario.
Cette position française avait entraîné le rappel de l’ambassadeur algérien à Paris et le gel de plusieurs mécanismes de coopération bilatérale. Depuis plusieurs mois, les deux capitales multiplient toutefois les contacts afin de rétablir le dialogue sur les questions migratoires, sécuritaires et économiques.
L’ouverture de discussions sur l’accord de 1968 est perçue comme l’un des premiers dossiers concrets de cette tentative de normalisation des relations entre les deux pays.
Cathy Manga
Laisser un commentaire
Vous devez être connecté en pour poster un commentaire.
