Iran : Les funérailles d’Ali Khamenei s’ouvrent sur fond de démonstration de force
L’Iran a entamé vendredi les cérémonies d’hommage à son guide suprême Ali Khamenei, dont le cercueil est arrivé dans le complexe religieux de la Grande Mosalla de Téhéran, plus de quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine ayant déclenché la guerre contre la République islamique.
Tué le 28 février lors des premières heures du conflit, Ali Khamenei, qui dirigeait l’Iran depuis 1989, n’avait pu être inhumé en raison des combats. Le cessez-le-feu conclu avec Washington a permis l’organisation de funérailles nationales qui doivent durer près d’une semaine et constituer l’une des plus importantes manifestations publiques depuis la révolution islamique de 1979.
Le corps de l’ancien dirigeant repose dans un cercueil installé sur une estrade au sein de la Grande Mosalla, devant des tulipes rouges, symbole du martyre dans la tradition iranienne. Des responsables religieux, des dignitaires étrangers et des familles de victimes des deux conflits ayant frappé le pays ces derniers mois sont venus lui rendre hommage, selon les médias d’État.
Vêtus de noir, de nombreux fidèles ont lancé des foulards et d’autres objets vers le cercueil afin qu’ils soient brièvement posés contre celui-ci, un geste traditionnel de bénédiction dans le chiisme. Les chants religieux se sont poursuivis jusque tard dans la nuit, tandis que les rues de la capitale étaient couvertes de portraits du défunt guide suprême et de banderoles appelant à la vengeance contre Israël et les États-Unis.
Les cérémonies publiques débuteront samedi avant un rassemblement géant prévu lundi dans les rues de Téhéran. Les autorités affirment attendre jusqu’à 20 millions de participants, soit près d’un quart de la population iranienne, même si ce chiffre ne peut être vérifié de manière indépendante.
Le cercueil sera ensuite transporté vers plusieurs hauts lieux du chiisme, notamment Qom, avant de poursuivre un parcours en Irak, à Nadjaf et Kerbala, puis d’être inhumé jeudi à Machhad, ville natale de Khamenei et siège du sanctuaire de l’imam Reza.
Les autorités présentent ces funérailles comme une démonstration d’unité nationale et de fidélité à la République islamique, au moment où le pays tente de se relever de quatre mois de guerre, de lourdes pertes militaires et d’une profonde crise économique. La sécurité a été renforcée autour des lieux de recueillement, tandis que plusieurs délégations étrangères, notamment de Russie et de Chine, sont attendues à Téhéran pour les cérémonies.
Ibou Camara
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