Algérie :Le président Tebboune accuse le colonialisme français d’avoir causé la mort de 5,6 millions d’Algériens
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a accusé samedi le colonialisme français d’avoir exterminé plus de 5,6 millions d’Algériens en 132 ans de présence française, réaffirmant les revendications d’Alger en faveur d’une reconnaissance officielle des crimes commis durant la période coloniale, à l’occasion du 63e anniversaire de l’indépendance du pays.
Dans un message publié à la veille des célébrations du 5 juillet, le chef de l’État a rendu hommage aux combattants de la guerre de libération tout en dénonçant ce qu’il a qualifié de « politique de la terre brûlée » menée par la puissance coloniale depuis le début de la conquête de l’Algérie en 1830.
« Le tribut payé en sang fut extrêmement lourd (5.630.000 martyrs) », a déclaré Abdelmadjid Tebboune, estimant que ce bilan illustrait les sacrifices consentis par le peuple algérien au cours de la résistance à la colonisation française. Ce chiffre, régulièrement avancé par les autorités algériennes, est contesté par de nombreux historiens, qui considèrent qu’il ne repose pas sur un consensus académique.
Le président algérien a salué « l’âpre lutte de générations de braves héros » ayant conduit à l’indépendance obtenue le 5 juillet 1962, à l’issue de près de huit années de guerre contre la France et après plus d’un siècle de domination coloniale.
« L’Histoire retient la lutte du peuple algérien durant la Révolution bénie de Libération comme l’une des épopées » les plus marquantes, a-t-il déclaré, accusant le colonialisme de peuplement d’avoir été animé par « une haine implacable » et d’avoir mené des « crimes d’extermination collective et de destruction massive ».
Ces déclarations interviennent dans un contexte de relations toujours tendues entre Alger et Paris, où les questions mémorielles demeurent l’un des principaux points de friction entre les deux pays. Depuis son arrivée au pouvoir, Abdelmadjid Tebboune fait de la mémoire de la colonisation un axe central de son discours politique et de sa diplomatie.
La France a reconnu ces dernières années plusieurs épisodes de violence liés à la colonisation et à la guerre d’Algérie, notamment la responsabilité de l’État dans la répression de la manifestation d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961 ainsi que le massacre de manifestants à Sétif, Guelma et Kherrata le 8 mai 1945. Toutefois, Paris n’a jamais présenté les excuses officielles réclamées par Alger ni reconnu de manière globale les crimes de la colonisation.
Les relations bilatérales se sont encore dégradées au cours des derniers mois, notamment après le soutien affiché par la France au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental et plusieurs différends diplomatiques ayant conduit à un net refroidissement des échanges entre les deux capitales.
Les commémorations de l’indépendance ont donné lieu samedi à des cérémonies officielles à travers le pays, tandis que les autorités ont renouvelé leur attachement à la préservation de la mémoire de la guerre de libération comme fondement de l’identité nationale algérienne.
Saliou Cissé
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