Mali : une vaste opération d’arrestations au sein des forces armées suscite inquiétudes et interrogations
Depuis le 7 août 2025, les autorités maliennes ont lancé une vaste opération d’arrestations au sein des forces armées, ciblant notamment des officiers supérieurs. Parmi les personnes détenues, figure la Générale de Brigade Nema Sagara, membre de l’état-major de l’armée de l’air malienne, ainsi que le général Abass Dembélé, ancien gouverneur de la région de Mopti et personnalité influente appréciée de ses troupes.
Selon un agent des forces de sécurité, « des soldats sont venus ce matin arrêter le général Abass Dembélé à Kati… sans lui dire pourquoi ». Des sources de l’AFP font état d’au moins vingt arrestations jusqu’à ce dimanche, liées à une tentative présumée de déstabiliser la transition en cours. Au total, l’agence évoque 37 militaires détenus, dont deux généraux, la campagne d’interpellations se poursuivant selon les autorités.
Un officier supérieur proche des autorités, cité par l’AFP, déclare : « le règlement militaire est clair : ils ont voulu déstabiliser la transition et ils sont aux arrêts » (transcription libre du contexte fourni). Aucune déclaration officielle du gouvernement malien n’a cependant été publiée à ce jour.
Dimanche 10 août, deux autres militaires ont été arrêtés à leur domicile à Bamako, selon des proches qui affirment ne plus avoir de nouvelles d’eux, comme c’est également le cas pour d’autres détenus.
Cette vague de répression provoque une division croissante de l’opinion publique. Certains la perçoivent comme une mesure justifiée contre des acteurs menaçant la stabilité de la transition. D’autres y voient une manœuvre visant à écarter des officiers jugés gênants. Un homme politique malien interrogé par l’AFP s’interroge : « s’agit-il d’une réalité ou d’un montage pour éliminer des militaires gênants ? ».
Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, le pays reste sous contrôle militaire. En juin 2025, un projet de loi accordant au chef de la junte, le général Assimi Goïta, un mandat renouvelable de cinq ans (jusqu’en 2030) a été adopté par le gouvernement. Quelques semaines plus tôt, en mai 2025, toutes les activités politiques ont été suspendues et les partis politiques dissous, approfondissant la fermeture de l’espace politique.
La situation sécuritaire demeure alarmante : les attaques jihadistes se multiplient.
Saliou Cissé
