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Israël / Palestine: Cinq journalistes d’Al Jazeera tués à Gaza, la vérité sous les décombres

Israël / Palestine: Cinq journalistes d’Al Jazeera tués à Gaza, la vérité sous les décombres

Le 10 août 2025, dans la poussière et le fracas des bombes, cinq visages familiers de l’écran se sont éteints. Anas al-Sharif, Mohammed Qreiqeh, Ibrahim Zaher, Mohammed Noufal et Moamen Aliwa — journalistes et cameramen d’Al Jazeera — ont trouvé la mort dans ce que la chaîne qatarie qualifie de « frappe ciblée » israélienne. Leur tente, plantée devant l’hôpital al-Chifa à Gaza-ville, n’aura pas résisté à la précision meurtrière d’un missile.

Ces noms s’ajoutent à une liste déjà insoutenable : plus de 200 journalistes tués en vingt-deux mois de guerre à Gaza, selon Reporters sans frontières. Le visage d’Anas al-Sharif, 28 ans, était devenu celui de la résistance médiatique. Chaque jour, il racontait au monde les ruines, les cris, et l’obstination à survivre. Dimanche matin encore, il filmait des frappes israéliennes. Le lendemain, son dernier texte — écrit en avril en prévision de sa propre mort — apparaissait sur son compte : « Ne pas oublier Gaza. »

L’armée israélienne revendique la frappe, accusant al-Sharif d’être un « chef d’une cellule terroriste » au sein du Hamas, un « terroriste se faisant passer pour un journaliste ». Accusations sans preuves vérifiables, selon le Comité pour la protection des journalistes, qui dénonce une « campagne de diffamation » contre ceux qui osent documenter les exactions.

Cette rhétorique, où l’on gomme la qualité de journaliste pour coller l’étiquette de combattant, n’est pas nouvelle. Elle légitime, aux yeux de ses auteurs, des assassinats qui portent atteinte non seulement à des individus, mais à un principe fondamental : le droit d’informer. L’interdiction de diffuser Al Jazeera en Israël depuis mai 2024, la fermeture de ses bureaux, et l’interdiction faite à la presse internationale de travailler librement à Gaza s’inscrivent dans une stratégie de mise sous silence.

Il ne s’agit pas ici de débats géopolitiques abstraits, mais d’êtres humains qui, caméra à la main, remplissaient la mission essentielle de témoigner. Les tuer, c’est vouloir tuer la vérité. Les salir, c’est espérer effacer leurs images et leurs mots de la mémoire collective.

Chaque balle, chaque missile tiré sur un journaliste vise bien plus qu’une personne : il vise le droit de tous les peuples à savoir. Si nous fermons les yeux aujourd’hui, si nous laissons s’installer l’idée qu’un journaliste peut être abattu au nom d’un prétexte sécuritaire, alors demain, c’est partout que les caméras seront réduites au silence.

Ne pas oublier Gaza. Ne pas oublier Anas, Mohammed, Ibrahim, Mohammed et Moamen. Et ne pas oublier que sans la liberté de la presse, la vérité meurt la première.

ARDiallo

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