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Nigeria : affrontements entre la police et des manifestants indépendantistes biafrais réclamant la libération de Nnamdi Kanu

Nigeria : affrontements entre la police et des manifestants indépendantistes biafrais réclamant la libération de Nnamdi Kanu

Des affrontements ont éclaté lundi à Abuja entre les forces de l’ordre nigérianes et des manifestants demandant la libération de Nnamdi Kanu, leader du mouvement indépendantiste « Peuple indigène du Biafra » (IPOB), selon des témoins.

Les manifestants, réunis dans le quartier d’Utako dans la capitale, participaient à une mobilisation dans le cadre de la campagne #ReleaseNnamdiKanuNow, visant à obtenir la libération de Kanu. Ce dernier est actuellement jugé pour des accusations de terrorisme, liées à ses activités en faveur de l’indépendance du Biafra, une région majoritairement habitée par le peuple igbo, dans le sud-est du Nigeria.

Selon des témoins, les forces de sécurité ont dispersé le rassemblement à l’aide de gaz lacrymogènes, blessant plusieurs personnes, dont des civils et des journalistes. Des images de la scène montrent des manifestants fuyant les lieux, tandis que d’autres tentent de se protéger des gaz.

Deux journalistes de l’Agence France-Presse (AFP), Nick Roll, citoyen américain, et John Okunyomih, vidéographe nigérian, ont été brièvement interpellés alors qu’ils couvraient la manifestation. D’après des témoins, ils auraient été pris à partie alors qu’ils filmaient les heurts. Leurs équipements auraient été endommagés, et leurs téléphones temporairement confisqués. Ils ont été relâchés après environ deux heures de détention.

Aloy Ejimakor, l’un des avocats de Kanu, figure parmi les personnes blessées lors de l’intervention policière.

La police nigériane a justifié le recours au gaz lacrymogène par le fait que les manifestants tentaient, selon elle, de s’approcher de sites sensibles, notamment la présidence (Aso Villa), l’Assemblée nationale, le quartier général de la police et la Cour d’appel.

« Nous avons agi pour dégager les routes obstruées, afin de permettre une circulation fluide », a déclaré Ben Hundeyin, porte-parole de la police. Il n’a pas commenté les allégations de violences contre des journalistes ou des civils.

Nnamdi Kanu, également citoyen britannique, avait été acquitté en 2022 par la Cour d’appel nigériane, qui avait estimé que son extradition depuis le Kenya en 2021 était illégale. Toutefois, la Cour suprême a annulé cette décision en 2023, permettant la poursuite de son procès.

L’affaire continue de susciter des tensions dans plusieurs régions du pays, notamment parmi les partisans indépendantistes du mouvement IPOB, interdit par les autorités nigérianes, qui le considèrent comme une organisation terroriste.

Saliou Cissé

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