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Guinée-Bissau : Scandale électoral : Embaló orchestre l’exclusion du PAIGC pour verrouiller son pouvoir illégitime !

Guinée-Bissau : Scandale électoral : Embaló orchestre l’exclusion du PAIGC pour verrouiller son pouvoir illégitime !

Dans un pays où l’héritage de la lutte anticoloniale devrait être sacré, la Guinée-Bissau sombre une fois de plus dans les abysses de la manipulation politique. La Cour Suprême de Justice, instrument docile aux mains du président sortant Umaro Sissoco Embaló, a validé une liste de douze candidats pour l’élection présidentielle du 23 novembre prochain, excluant de facto le Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) – le parti historique de la libération nationale – et la puissante coalition Pai-Terra Ranka, regroupant une dizaine de formations politiques unies contre la dérive autoritaire. Cette décision, qualifiée de « définitive et sans recours » par la Haute Juridiction, n’est rien d’autre qu’un coup de force déguisé, une insulte à la démocratie ouest-africaine et un aveu de faiblesse de la part d’un régime aux abois.

Inspirée des faits rapportés par la presse bissau-guinéenne, cette liste de candidats inclut bien sûr Embaló lui-même, soutenu par sa Plateforme républicaine « Nô Kumpu Guiné », ainsi que d’anciens figures comme l’ex-chef d’État José Mario Vaz (appuyé par la Convergence Nationale pour la Liberté et le Développement, COLIDE-GB) et l’ancien Premier ministre Baciro Dja (porté par le Front Patriotique du Salut National, FREPASNA). Mais l’absence criante du PAIGC et de Pai-Terra Ranka – dont le leader Domingos Simões Pereira, ancien Premier ministre et figure charismatique de l’opposition – transforme cette élection en une farce électorale. Quatorze partis ont été validés pour les législatives concomitantes, mais cette apparence de pluralisme ne trompe personne : sans les voix majoritaires du PAIGC, héritier d’Amílcar Cabral, le scrutin perd toute légitimité.

Une exclusion procédurale ? Non, un complot politique !

La Cour Suprême justifie cette exclusion par des motifs procéduraux fallacieux : une prétendue soumission tardive de la candidature de Simões Pereira, déposée sous l’égide de la coalition Pai-Terra Ranka, n’aurait pas permis de rectifier d’éventuelles irrégularités dans les délais impartis. Selon les juges, le dossier a été remis le 19 septembre, laissant seulement trois jours ouvrables avant la deadline du 25 septembre, sans possibilité de notification et de correction dans les 72 heures requises. Absurde ! Comme l’ont dénoncé les membres du comité central du PAIGC, tels qu’Imani Umoja et Eduardo Sanca, cette décision a été rendue sans quorum suffisant – seulement six juges sur onze – et avec un traitement discriminatoire flagrant. Tandis que la coalition pro-Embaló « Nô Kumpu Guiné » a bénéficié de 72 heures pour corriger ses erreurs, plus un délai d’appel de 24 heures, Pai-Terra Ranka s’est vu refuser le même droit. Le vote décisif ? Celui du président de la Cour, installé après un coup de force armé en novembre 2023, où des milices de la garde présidentielle ont évincé l’ancien titulaire à la pointe du fusil.

Cette manœuvre n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une longue série de pratiques antidémocratiques d’Embaló, qui consolide son pouvoir illégitime depuis son auto-proclamation en février 2020, suite à des élections entachées de fraudes massives. Rappelons les faits : après avoir perdu le premier tour face à Simões Pereira en 2019, Embaló s’est déclaré vainqueur du second tour malgré des irrégularités avérées, ignorant un audit ordonné par la Cour Suprême. Depuis, il a dissous le parlement à deux reprises – en mai 2022 et décembre 2023 – en violation flagrante de la Constitution, prétextant des « différends insurmontables » ou un « coup d’État fantôme ». Il a orchestré des attaques armées contre les institutions, arrêté des opposants, réprimé des manifestations et signé des accords secrets avec des puissances néocoloniales, comme des concessions pétrolières à des firmes françaises, sans aval parlementaire. Son mandat, expiré depuis février 2025, est prolongé par la force, avec le soutien complice de la CEDEAO, qui ferme les yeux sur ces abus après l’avoir élu à sa présidence en 2022.

Un attentat contre l’âme nationale et la souveraineté Ouest-Africaine

En excluant le PAIGC – le parti qui a libéré la Guinée-Bissau du joug portugais et incarne l’idéal pan-africain de Cabral – Embaló ne fait pas que truquer une élection ; il piétine l’histoire et l’identité d’un peuple. Pai-Terra Ranka, cette alliance de dix partis représentant la majorité silencieuse, était la seule force capable de défier son régime corrompu. Sans elle, les douze candidats restants, dont plusieurs sont des alliés déguisés ou des figures usées, ne font que légitimer une dictature néocoloniale. Des organisations de la société civile, comme l’Espace de Concertation des Organisations de la Société Civile et le Front Populaire, ont déjà sonné l’alarme : c’est une « stratégie de fraude maximale », un « assaut contre la volonté souveraine du peuple guinéen ». Les vétérans de la lutte pour l’indépendance, les Combattants de la Liberté de la Patrie, appellent à la vigilance et à la mobilisation, rappelant que les libertés conquises par le sang ne se bradent pas.

De notre perspective ouest-africaine, nationaliste et solidaire, cette exclusion est une menace pour toute la région. La Guinée-Bissau, petit pays aux ressources convoitées, devient un laboratoire pour des régimes autoritaires soutenus par des intérêts étrangers. Embaló, ancien membre du PAIGC qu’il a trahi pour des ambitions personnelles, incarne le néocolonialisme moderne : un agent impopulaire qui s’accroche au pouvoir par la violence et la manipulation judiciaire, au détriment de la stabilité régionale. La CEDEAO, qui a sanctionné des pays comme le Mali, le Burkina Faso ou le Niger pour des coups d’État anti-français, doit rompre son silence complice ici !

Appel à la Résistance : Le Peuple doit reprendre son destin

Face à cette parodie d’élection, le peuple bissau-guinéen n’a d’autre choix que la résistance. Le PAIGC a annoncé des recours légaux, des plaintes internationales – y compris devant la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples – et des mobilisations de masse. Nous, en Afrique de l’Ouest, devons soutenir cette lutte : boycotts, manifestations, pressions diplomatiques. L’histoire nous jugera si nous laissons Embaló transformer la Guinée-Bissau en une république bananière. Cabral l’avait prédit : « La lutte pour l’indépendance n’est pas finie tant que le peuple n’est pas libre. » Il est temps de raviver cette flamme, avant que les ténèbres de la dictature ne l’éteignent pour de bon.

Balanta Mané

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