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Guinée-Bissau : le régime militaire défie la CEDEAO et annonce des élections le 6 décembre

Guinée-Bissau : le régime militaire défie la CEDEAO et annonce des élections le 6 décembre

Le régime militaire au pouvoir en Guinée-Bissau a annoncé mercredi la tenue d’élections présidentielle et législatives le 6 décembre, affirmant vouloir ouvrir la voie à un retour à l’ordre constitutionnel deux mois après un coup d’État ayant interrompu le processus électoral.

Le général Horta N’Tam, chef de la junte et président de la transition, a officialisé la décision par un décret lu à la télévision d’État. Selon le texte, « toutes les conditions pour l’organisation des élections libres, justes et transparentes sont réunies ».

Les élections doivent marquer la fin de la transition militaire ouverte après le coup d’État du 26 novembre, au cours duquel les forces armées ont renversé le président Umaro Sissoco Embalo et suspendu les scrutins initialement prévus. La charte de transition publiée début décembre stipule que le général Horta N’Tam ne pourra pas se porter candidat.

L’annonce intervient dans un contexte de pressions régionales accrues. La semaine dernière, une mission de haut niveau de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (C), conduite par le président sierra-léonais Julius Maada Bio et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, s’est rendue à Bissau pour exhorter les militaires à engager une transition « courte, inclusive et transparente ».

Les dirigeants ouest-africains ont également demandé la libération des responsables politiques arrêtés lors du coup d’État, dont Domingos Simões Pereira, ancien Premier ministre et figure de proue de l’opposition, dont la détention continue d’alimenter les critiques contre la junte.

Parallèlement, les autorités de transition font face à une controverse juridique majeure. Mi-janvier, l’organe législatif de transition, composé de 65 membres nommés par les militaires, a adopté à l’unanimité une réforme constitutionnelle transformant le régime politique du pays, jusque-là parlementaire, en un système présidentiel.

Le texte, qui doit encore être promulgué et publié au Journal officiel, est vivement contesté par des acteurs politiques et des observateurs internationaux. Ceux-ci mettent en doute la validité d’une modification constitutionnelle adoptée en l’absence d’institutions élues et sous un pouvoir issu d’un coup d’État.

Dans un pays marqué par une longue histoire d’instabilité politique et d’interventions militaires, la crédibilité du calendrier électoral annoncé dépendra, selon plusieurs analystes, de garanties concrètes sur la sécurité, l’inclusivité du processus et le respect des engagements pris par la junte.

Balanta Mané

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