Vous êtes ici: Accueil » Actualité » Gabon : le gouvernement suspend les réseaux sociaux, la liberté d’expression sous tension

Gabon : le gouvernement suspend les réseaux sociaux, la liberté d’expression sous tension

Gabon : le gouvernement suspend les réseaux sociaux, la liberté d’expression sous tension

Nouveau tour de vis numérique à Libreville. La Haute Autorité de la Communication (HAC) du Gabon a annoncé, mardi, la suspension « immédiate » des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national, et ce jusqu’à nouvel ordre. Une décision aux contours flous, révélée par un communiqué lu sur la chaîne publique Gabon 1ère, qui relance le débat sur l’équilibre entre régulation et libertés fondamentales.

Une mesure radicale au nom de la stabilité

C’est par la voix de son porte-parole, Jean-Claude Mendome, que la HAC a justifié cette suspension. L’institution évoque la diffusion répétée de contenus « inappropriés, diffamatoires, haineux et injurieux », susceptibles de porter atteinte à « la dignité humaine, à la cohésion sociale, à la sécurité nationale et à la stabilité des institutions ».

Dans son argumentaire, l’autorité de régulation pointe également les dangers liés aux fausses informations, au cyberharcèlement et à la divulgation non autorisée de données personnelles. Autant de dérives qui, selon elle, pourraient « engendrer des conflits sociaux » et « mettre gravement en péril l’unité nationale ».

Aucune précision n’a toutefois été donnée sur les plateformes concernées – Facebook, X, WhatsApp, TikTok ? – ni sur la durée de la suspension. Un flou qui alimente les interrogations.

Liberté d’expression : le curseur délicat

La HAC rappelle que la liberté d’expression reste un droit fondamental, mais qu’elle doit s’exercer « dans le respect des lois nationales et internationales en vigueur ». Une formule classique dans les communications officielles, mais qui, dans le contexte gabonais, résonne avec une sensibilité particulière.

Depuis plusieurs années, les réseaux sociaux sont devenus au Gabon un espace central de débat public, de mobilisation citoyenne et d’expression politique, notamment lors des périodes électorales ou de tensions sociales. Les autorités, elles, y voient aussi un vecteur de rumeurs et de déstabilisation.

La suspension généralisée apparaît ainsi comme une réponse préventive – ou dissuasive – face à un environnement informationnel jugé incontrôlable.

Un signal politique

Au-delà de la justification sécuritaire, la décision de la HAC envoie un signal politique fort. Elle rappelle la capacité de l’État à couper l’accès aux plateformes numériques en cas de crise réelle ou supposée.

Reste à savoir combien de temps durera cette mise sous cloche du débat en ligne et quelles en seront les conséquences économiques et sociales. Pour les entrepreneurs du numérique, les médias indépendants et une jeunesse ultra-connectée, la mesure pourrait avoir un impact immédiat.

En suspendant les réseaux sociaux « jusqu’à nouvel ordre », le Gabon ouvre une séquence d’incertitude. Entre impératif de stabilité et exigences démocratiques, le pays se retrouve, une fois de plus, à la croisée des chemins numériques.

Maléguène

Propager la liberté et l'indépendance de s'informer

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté en pour poster un commentaire.

Copyright © 2013 Tamba Networks Inc. All rights reserved.

Retour en haut de la page