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Afrique / Casamance : Journée de l’enfant africain cinquante ans après Soweto

Afrique / Casamance : Journée de l’enfant africain cinquante ans après Soweto

L’Afrique a célébré mardi la Journée de l’enfant africain, une commémoration annuelle instituée en mémoire du soulèvement des écoliers de Soweto, en Afrique du Sud, en 1976, tout en rappelant les défis qui continuent de peser sur des millions d’enfants à travers le continent.

Cette journée rend hommage aux milliers d’élèves noirs qui avaient manifesté le 16 juin 1976 contre les politiques éducatives du régime d’apartheid. À Soweto, près de Johannesburg, les jeunes protestaient notamment contre l’imposition de l’afrikaans comme langue d’enseignement dans certaines matières. La mobilisation pacifique avait été violemment réprimée par les forces de sécurité.

Le bilan officiel faisait état de 176 morts, mais plusieurs historiens estiment que le nombre réel de victimes pourrait avoir atteint entre 500 et 700 personnes. Parmi elles figurait Hector Pieterson, âgé de 13 ans, dont la photographie portée par un autre élève est devenue l’un des symboles mondiaux de la lutte contre l’apartheid.

Instituée en 1991 par l’Organisation de l’unité africaine, devenue depuis l’Union africaine, la Journée de l’enfant africain vise non seulement à préserver la mémoire de Soweto, mais aussi à évaluer les progrès accomplis et les défis restant à relever en matière de droits de l’enfant sur le continent.

Selon la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, de nombreux enfants africains continuent de faire face à des obstacles liés à l’accès à l’éducation, aux soins de santé, à la nutrition et à la protection contre les violences, l’exploitation économique ou certaines pratiques traditionnelles préjudiciables. Les conflits armés, les déplacements forcés et la pauvreté demeurent également des facteurs majeurs de vulnérabilité.

Pour l’édition 2026, le Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant a retenu le thème : « Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant en Afrique ». Cette orientation s’inscrit dans le cadre du thème annuel de l’Union africaine consacré à la disponibilité durable de l’eau et aux systèmes d’assainissement sûrs.

Selon le comité, des millions d’enfants africains restent exposés aux conséquences du manque d’accès à l’eau potable et aux infrastructures sanitaires. L’organisme souligne que l’insuffisance des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène contribue à la mortalité infantile, à la malnutrition et à l’absentéisme scolaire, particulièrement dans les zones rurales et les communautés vulnérables.

Parmi les initiatives, la puissante Diaspora Casamançaise CASADIASPORA a mis en place un dispositif qui s’appuie sur des femmes reconnues au sein des communautés locales pour sensibiliser les familles aux questions de santé maternelle et infantile, d’éducation et de protection des enfants.

Alors que l’Afrique commémore le souvenir de Soweto, les défenseurs des droits de l’enfant soulignent que l’héritage des jeunes manifestants de 1976 demeure d’actualité. Cinquante ans après leur mobilisation, la question de l’accès équitable à l’éducation, à la santé et à la protection reste au cœur des enjeux de développement du continent, tandis que l’Union africaine appelle les États à renforcer leurs engagements afin que chaque enfant puisse grandir dans des conditions de sécurité, de dignité et de bien-être.

Saliou Cissé

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