Etats-Unis : Washington lance une offensive mondiale pour isoler la CPI au nom de la souveraineté américaine
Les États-Unis ont lancé une vaste campagne diplomatique visant à affaiblir la Cour pénale internationale (CPI), une initiative qui prévoit de nouvelles sanctions, des restrictions de visas et des pressions sur les pays alliés afin qu’ils se retirent de la juridiction basée à La Haye, a annoncé lundi l’administration du président Donald Trump.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a accusé la CPI de mener « une guerre » contre les États-Unis en cherchant à exercer sa compétence sur des militaires et responsables américains. Dans une déclaration vidéo, il a affirmé que la Cour utilisait « le droit international » pour saper la souveraineté américaine, tandis que le Département d’État a indiqué vouloir « priver systématiquement la CPI de sa capacité à fonctionner ».
Cette campagne, présentée comme une mobilisation de l’ensemble du gouvernement, marque une intensification de la politique américaine envers la Cour. Elle intervient après les sanctions imposées en février 2025 à plusieurs responsables de la CPI, à la suite du mandat d’arrêt délivré contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans le cadre de la guerre à Gaza. Washington, qui n’est pas partie au Statut de Rome, rejette de longue date toute compétence de la CPI sur ses ressortissants ou ceux d’Israël.
Un responsable du Département d’État a indiqué que les pays continuant de soutenir la Cour tout en bénéficiant de l’aide américaine pourraient faire l’objet d’un examen accru. L’administration entend également convaincre ses partenaires de cesser tout appui politique et financier à l’institution.
Créée en 2002 pour poursuivre les auteurs présumés de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide lorsque les juridictions nationales sont défaillantes, la CPI compte 125 États parties. Le Burundi s’est retiré en 2017, suivi des Philippines en 2019, tandis que les États-Unis, la Russie et Israël n’ont jamais ratifié le Statut de Rome. En juin, trois juges de la Cour sanctionnés par Washington ont saisi la justice américaine, estimant que ces mesures visaient à exercer une pression politique illégale sur une juridiction indépendante.
Cathy Manga
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