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Maroc : Le militant sahraoui Naâma Asfari met fin à 46 jours de grève de la faim, selon Rabat

Maroc : Le militant sahraoui Naâma Asfari met fin à 46 jours de grève de la faim, selon Rabat

Le militant sahraoui Naâma Asfari, emprisonné au Maroc et défenseur de l’indépendance du Sahara occidental, a mis fin vendredi à la grève de la faim qu’il observait depuis le 8 juin, a annoncé l’administration pénitentiaire marocaine.

Dans un communiqué, la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) a indiqué que le détenu avait remis « une notification écrite de sa main » annonçant la fin de son mouvement de protestation. Selon la même source, ses signes vitaux, contrôlés vendredi matin, étaient « normaux » et il fera l’objet d’un suivi médical conformément au protocole en vigueur. La DGAPR avait affirmé la veille que son état de santé était « stable ».

Naâma Asfari, condamné à 30 ans de prison, avait entamé une grève de la faim pour réclamer notamment sa libération et dénoncer ses conditions de détention. Mardi, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) avait alerté sur une « situation critique », évoquant une forte dégradation de son état de santé. Des organisations internationales de défense des droits humains avaient également exprimé leur inquiétude ces dernières semaines et appelé les autorités marocaines à garantir sa protection et son accès aux soins.

Le militant fait partie du groupe dit de « Gdeim Izik », composé de 23 Sahraouis condamnés pour leur implication dans les violences survenues en 2010 lors du démantèlement d’un camp de protestation près de Laâyoune. Onze membres des forces de sécurité marocaines avaient été tués au cours des affrontements. Jugés une première fois par un tribunal militaire en 2013, puis par une juridiction civile en 2017, les accusés ont été condamnés à de lourdes peines de prison.

Des ONG internationales ont dénoncé un procès qu’elles jugent inéquitable, estimant que des aveux obtenus sous la contrainte auraient été retenus, ce que les autorités marocaines contestent.

Ancienne colonie espagnole jusqu’en 1975, le Sahara occidental est contrôlé en majeure partie par le Maroc mais demeure inscrit par les Nations unies sur la liste des territoires non autonomes. Rabat y propose un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine, tandis que le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, réclame un référendum d’autodétermination. En octobre dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé son soutien au processus politique mené par les Nations unies, les États-Unis qualifiant le plan d’autonomie marocain de solution la plus réaliste au différend.

Maléguène

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