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Casamance : Le calvaire de 25 prisonniers politiques Casamançais qui croupissent à 500 km de chez eux pendant que Diomaye Faye jouit du pouvoir qu’ils lui ont offert

Casamance : Le calvaire de 25 prisonniers politiques Casamançais qui croupissent à 500 km de chez eux pendant que Diomaye Faye jouit du pouvoir qu’ils lui ont offert

Les Casamançais ont voté. Ils ont cru. Ils ont porté Bassirou Diomaye Faye au pouvoir avec la bénédiction d’Ousmane Sonko. Aujourd’hui, leurs pères, leurs fils, leurs frères pourrissent dans les prisons de Dakar, à plus de 500 kilomètres de la Casamance, dans un silence assourdissant que ni le Palais, ni la communauté internationale, ni même les autorités religieuses n’osent encore briser.

Vingt-cinq civils casamançais. Pas des combattants indépendantistes du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) en armes. Des prisonniers politiques. Des pères de famille, des fils, des frères. Leur nom, que nous publions ici pour que plus personne ne puisse dire « je ne savais pas » :

Sadio Bâ, Lamine Barry, Thierno Diallo, Lamine Diané, Lamine Diédhiou, Samésidine Diémé, Sekouba Diémé, Amidou Djiba, Ibrahima Dramé, Adama Bamba Mané, Jean Christophe Sambou, Papis Sambou, Adama Sagna, Chérif Sané, Malick Sané, Salif Sané, Dembo Tamba, Kadialy Tamba, Babaye Tamba, Wandifa Tamba, Insa Tamba, Adama Tamba, Yahya Tamba, Dianko Tamba.

Depuis parfois plus de quatre ans, aucune enquête digne de ce nom n’a abouti. Aucune accusation claire n’a été retenue contre certains. Pourtant, ils restent derrière les barreaux. Cellules exigües ou surpeuplées, chaleur étouffante, poux et punaises, nourriture indigne, eau accessible trente minutes par jour. Les associations de défense des droits humains se voient refuser l’accès. Les parents qui quittent la Casamance pour Dakar se heurtent souvent à des refus de visite. Des mois sans nouvelles. Des mères qui pleurent sans savoir si leur fils est encore vivant. Des enfants qui grandissent sans père.

Ce calvaire se déroule sous un régime qui, hier encore, dénonçait avec force les détentions arbitraires et les conditions inhumaines. Un président élu grâce, en grande partie, aux voix de la Casamance. Un président qui a su, pour d’autres, ouvrir les portes des prisons et accorder des grâces. Mais pour ces vingt-cinq-là, le silence.

Les familles appellent solennellement la communauté internationale, les organisations mondiales de défense des droits humains, le Vatican, les autorités religieuses de toutes confessions, les chefs d’État africains et les institutions régionales à sortir de leur réserve. La Casamance n’est pas une zone grise où l’on peut, tout le temps, faire disparaître des civils sans rendre de comptes comme avec le naufrage du bateau le Joola et le massacre de l’armée sénégalaise à Djifangore. Cela va durer combien de temps encore ? Les parents de ces prisonniers ne demandent pas la charité. Ils demandent la justice, la vérité et le droit élémentaire de savoir ce que deviennent leurs proches.

Monsieur le Président Bassirou Diomaye Faye, les électeurs de la Casamance vous ont fait confiance. Ils ont cru à votre promesse de rupture et de dignité. Aujourd’hui, leur confiance est mise à l’épreuve dans les cellules surchauffées de Dakar. Chaque jour supplémentaire d’inaction est une trahison supplémentaire.

Que les murs de ces prisons tremblent sous la pression de la conscience mondiale. Que ces vingt-cinq noms ne restent plus dans l’ombre. Que la Casamance cesse d’être le parent pauvre de la justice sénégalaise. La dignité n’attend pas. La vérité non plus.

Samsidine Badji (SAM)

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