Guinée-Bissau : La junte militaire suspend plusieurs radios privées pour non-paiement de licences
Les autorités de la Guinée-Bissau ont suspendu mardi plusieurs radios privées pour défaut de paiement de leur licence, selon un communiqué du ministère de la Communication, suscitant des inquiétudes sur l’accès à l’information dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
Parmi la dizaine de stations privées que compte le pays, six avaient cessé d’émettre mardi, dont Sol Manci, Capital FM, Bombolom et Pindjiquiti, toutes très écoutées par la population.
La suspension est prévue pour une durée initiale de sept jours et « sera prorogée si nécessaire », a précisé le ministère dans son communiqué.
Les autorités, dirigées par une junte conduite par le général Horta N’Tam, ont fixé à 5 millions de francs CFA (environ 7.600 euros) le coût de la licence d’exploitation, un montant jugé trop élevé par plusieurs responsables de médias.
« Notre radio peut payer les 5 millions, mais cela n’est pas le cas des autres », a déclaré à la presse un journaliste membre de la direction de la radio confessionnelle Sol Manci, soulignant les difficultés financières du secteur.
La mesure a provoqué des tensions entre les autorités et les opérateurs privés, dans un contexte où les radios jouent un rôle clé dans la diffusion de l’information, notamment en zones rurales.
Face à la situation, une commission de négociation a été mise en place afin de trouver un compromis sur les modalités de paiement des licences et permettre une reprise rapide des émissions.
Cette décision intervient alors que les organisations de défense de la presse alertent régulièrement sur la fragilité du paysage médiatique en Guinée-Bissau, marqué par des contraintes économiques et des pressions politiques.
Aucune réaction officielle supplémentaire n’a été communiquée à ce stade sur une éventuelle révision du montant des licences.
Balanta Mané
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