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Tchad :  Annonce du retrait de la Cour pénale internationale

Tchad :  Annonce du retrait de la Cour pénale internationale

Le Tchad a annoncé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), estimant que son action est marquée par une efficacité « limitée et à géométrie variable ». Dans un communiqué, le gouvernement affirme que cette décision résulte d’une évaluation du fonctionnement de la Cour depuis sa création en 2002 et critique une institution dont les enquêtes viseraient principalement des États africains. Selon N’Djamena, neuf des treize enquêtes ouvertes par la CPI concernent l’Afrique, tandis que les dossiers ouverts dans d’autres régions auraient connu peu d’avancées. Le gouvernement souligne également que la majorité des personnes actuellement détenues par la Cour sont poursuivies dans des affaires africaines.

Cette annonce intervient alors que le Tchad est accusé par l’armée soudanaise et plusieurs organisations non gouvernementales d’avoir facilité le transfert d’armes en provenance des Émirats arabes unis vers les Forces de soutien rapide (FSR), engagées dans la guerre civile au Soudan. Pour l’avocat Vincent Brengarth, ce retrait pourrait compromettre les procédures engagées devant la CPI concernant d’éventuelles complicités dans des crimes internationaux et affaiblir plus largement le système international de justice pénale.

Le gouvernement tchadien réfute toutefois les affirmations selon lesquelles cette décision aurait été prise sous l’influence des États-Unis. Bien que Washington ait récemment exprimé des réserves sur le fonctionnement de la CPI lors d’échanges avec les autorités tchadiennes, le ministre des Affaires étrangères assure que le retrait relève d’un choix souverain.

Cette décision intervient quelques jours après l’annonce du retrait du Venezuela du Statut de Rome. Une mission indépendante des Nations unies chargée d’enquêter sur les violations des droits humains dans ce pays s’est dite « profondément préoccupée », estimant que cette décision risque de renforcer l’impunité. Le Venezuela fait l’objet d’une enquête de la CPI depuis 2018 pour de possibles crimes contre l’humanité liés à la répression des manifestations de 2017. Selon la mission onusienne, ces retraits successifs soulèvent des inquiétudes quant à l’engagement des États en faveur de la lutte contre l’impunité et de la justice internationale.

Saliou Cissé

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