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Gambie : la colère monte face aux coupures de courant prolongées, à l’approche de la présidentielle

Gambie : la colère monte face aux coupures de courant prolongées, à l’approche de la présidentielle

Depuis juin 2026, la Gambie est plongée dans une crise énergétique sévère. Les coupures d’électricité, qui atteignent parfois 12 à 48 heures d’affilée, ont atteint leur paroxysme ces dernières semaines, en plein cœur de la saison chaude. Les températures élevées font grimper la demande, tandis que des pannes d’équipements et des baisses d’imports régionaux (notamment depuis la Guinée, affectée par la sécheresse, et le Sénégal) aggravent le déficit. La compagnie nationale Nawec a reconnu une « hausse imprévue » de la consommation et des contraintes d’approvisionnement.

Ces black-out plongent les Gambiens dans une obscurité étouffante. Les ventilateurs s’arrêtent, les denrées périssent, les enfants étudient à la lumière des bougies et les commerces ralentissent. L’exaspération a explosé la semaine dernière : deux nuits de manifestations spontanées ont éclaté à Banjul et dans ses environs (Westfield, Farato, Brikama…). Des manifestants ont brûlé des pneus, bloqué les routes et scandé « Barrow must go ! », réclamant la démission du président Adama Barrow, candidat à un troisième mandat lors de l’élection du 5 décembre.

La police a répondu par des gaz lacrymogènes. Des postes de police et des locaux de Nawec ont été endommagés. Face à la tension, le chef de la police a interdit les manifestations sans autorisation préalable.

Adama Barrow a qualifié la crise d’« urgence » et de « problème de sécurité nationale ». Il a promis une amélioration d’ici fin octobre, grâce à l’installation d’une unité de 24 MW à Brikama et au lancement d’un projet solaire de 50 MW. Son vice-président, Muhammed Jallow, préside un groupe de travail qui se réunit « littéralement tous les jours ». Le président a reconnu des manquements dans la planification et la maintenance, tout en rappelant que d’autres pays d’Afrique de l’Ouest subissent des difficultés similaires.

À quelques mois du scrutin, la colère populaire sur l’électricité est devenue un enjeu politique majeur.

Balanta Mané

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