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Casamance : Sadio Mané, le fils qui rend à sa terre natale ce qu’elle lui a donné

Casamance : Sadio Mané, le fils qui rend à sa terre natale ce qu’elle lui a donné

Demain, samedi 19 septembre, à Kountoubou, dans la commune de Bambali, la première pierre du parc agro-industriel SM10 Agro sera posée. Ce n’est pas un simple chantier. C’est un acte de foi. Un geste rare. Un fils de la Casamance qui décide que la richesse de notre sol ne partira plus ailleurs.

Sadio Mané investit 11,7 milliards de FCFA dans un projet qui s’étend sur 500 hectares. Une plantation de quelque 78 000 manguiers Kent. Une station de traitement capable d’absorber 8 500 tonnes par an. Trois unités de transformation pour produire de la pulpe, de la mangue séchée et du beurre de mangue. Un centre de formation aux métiers agricoles. Un centre de recherche-développement. Des infrastructures pour les travailleurs. Plus de 1 000 emplois directs et indirects, avec une attention particulière aux jeunes et aux femmes de la région de Sédhiou.

Le constat est connu de tous ceux qui vivent ici : entre 30 et 40 % des mangues pourrissent faute de stockage et de transformation. Mané refuse cette hémorragie. Pour Sadio Mané, l’ambition dépasse l’investissement personnel. « Je veux que la richesse de notre terre reste ici, chez nous », a déclaré le footballeur lors de la présentation du projet. Cet investissement est salutaire pour les populations de la Casamance. Un enfant de la Casamance qui pense à cette terre qui lui a tout donné. Contrairement à ces fils de la Casamance qui préfèrent abandonner leur terroir comme l’architecte Atépa Goudiaby, le fortuné Famara Ibrahima Sagna, les politiciens milliardaires Robert Sagna, Abdoulaye Baldé, Doudou Kâ et des sportifs ou artistes nantis. Saluons son engagement et son humanité au service de son peuple !

Rappelons que Sadio Mané a déjà investi pour la construction de l’hôpital, du stade, des écoles et de la station d’essence à Bambali. Avant SM10 Agro, il y a eu aussi la boulangerie moderne « Le Boudhie », le bureau de poste, l’antenne 4G, les aides mensuelles aux familles, les ordinateurs pour les élèves. Bambali n’est plus le village isolé d’autrefois. Il est devenu un modèle. Pas grâce à des discours, mais grâce à des actes concrets, financés par celui qui a grandi sur ces mêmes terres.

Dans une Casamance trop souvent regardée de haut ou abandonnée une fois la réussite atteinte, ce comportement tranche. Pendant que certains préfèrent investir ailleurs, construire ailleurs, vivre ailleurs, Sadio Mané revient. Il ne se contente pas de distribuer des dons ponctuels. Il structure. Il forme. Il crée de la valeur ajoutée sur place. Il transforme la mangue avant qu’elle ne pourrisse. Il forme les jeunes avant qu’ils ne partent. Il ancre l’espoir dans le sol même qui l’a vu naître.

Ce projet n’est pas seulement économique. Il est politique au sens noble du terme : celui de la responsabilité envers sa terre et son peuple. Il rappelle que la véritable grandeur ne se mesure pas seulement aux buts marqués ou aux contrats signés, mais à la capacité de redonner à ceux qui sont restés. Mané aurait pu se contenter de sa gloire internationale. Il a choisi de bâtir ici.

À l’heure où la Casamance cherche des leviers de développement durables, où les jeunes rêvent d’emplois dignes et où les femmes portent souvent seules le poids de l’économie locale, SM10 Agro arrive comme une réponse concrète. Pas une promesse électorale. Pas un projet fantôme. Un engagement personnel, mesurable, visible.

Demain, quand la première pierre sera posée, ce ne sera pas seulement le début d’un chantier agro-industriel. Ce sera le symbole d’un homme qui a compris que le plus beau but de sa carrière n’est pas celui qu’il a marqué sur les pelouses d’Europe ou d’Asie, mais celui qu’il marque désormais sur la terre de Bambali.

Saluons-le. Imitons-le. Et, surtout, accompagnons-le. Car un seul homme ne peut tout faire. Mais un seul homme peut montrer le chemin. Sadio Mané, lui, l’a déjà emprunté. Avec courage, avec constance, avec amour pour sa terre.

La Casamance lui doit reconnaissance. Et, plus encore, elle lui doit d’espérer.

Samsidine Badji (SAM)

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