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Mali : l’ancien Premier ministre Moussa Mara libéré après avoir purgé un an de prison

Mali : l’ancien Premier ministre Moussa Mara libéré après avoir purgé un an de prison

L’ancien Premier ministre malien Moussa Mara a été remis en liberté hier samedi après avoir purgé une peine d’un an d’emprisonnement ferme pour des publications sur le réseau social X, dans une affaire devenue emblématique du durcissement de la répression politique sous les autorités militaires de transition.

L’information a été confirmée par un responsable de son parti, Yelema (Le Changement), ainsi que par une source judiciaire. Détenu depuis son arrestation le 1er août 2025, Moussa Mara était incarcéré à la Maison centrale d’arrêt de Koulikoro, à une soixantaine de kilomètres de Bamako.

Ancien chef du gouvernement d’avril 2014 à janvier 2015 sous la présidence d’Ibrahim Boubacar Keïta, il avait été poursuivi après un message publié le 4 juillet 2025 sur X. Dans cette publication, il indiquait avoir rendu visite à plusieurs opposants et membres de la société civile emprisonnés, qu’il qualifiait de « prisonniers d’opinion », tout en leur exprimant sa « solidarité inébranlable ». Les autorités l’ont accusé d’« atteinte au crédit de l’État », d’« incitation à troubler l’ordre public » et d’« opposition à l’autorité légitime ».

En octobre 2025, le pôle national de lutte contre la cybercriminalité l’avait condamné à deux ans de prison, dont un an ferme, ainsi qu’à une amende de 500.000 francs CFA. La Cour d’appel de Bamako a confirmé cette décision en février 2026, malgré le recours de ses avocats, qui ont ensuite annoncé un pourvoi en cassation.

Cette libération intervient dans un contexte de restrictions croissantes des libertés politiques au Mali. Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, les autorités dirigées par le général Assimi Goïta ont dissous les partis politiques, suspendu leurs activités et reporté sine die les élections initialement promises. En juillet 2025, une révision de la Charte de la transition a accordé au chef de l’État un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable sans limitation et sans calendrier électoral, suscitant des critiques de plusieurs organisations de défense des droits humains et de partenaires internationaux. Parallèlement, le pays reste confronté à une insécurité persistante liée aux groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, ainsi qu’à des violences communautaires qui continuent de fragiliser la situation économique et humanitaire.

Maléguène

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