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Burkina Faso : la « méthode IB » s’empare de l’or au sommet de sa valeur

Burkina Faso : la « méthode IB » s’empare de l’or au sommet de sa valeur

Le Burkina Faso tire parti d’un contexte exceptionnel sur le marché de l’or, dont les cours ont atteint des records historiques en 2025 et 2026, pour refonder en profondeur la gouvernance de son principal produit d’exportation. Premier pourvoyeur de devises du pays, le secteur aurifère fait l’objet d’une reprise en main assumée par les autorités de transition, résumée sous l’expression de « méthode IB », en référence au capitaine-président Ibrahim Traoré. Cette stratégie vise à capturer une part accrue de la rente minière tout en engageant l’industrialisation d’une filière longtemps limitée à l’exportation de métal brut.

La conjoncture est favorable. Valeur refuge par excellence, l’or a profité des tensions géopolitiques, du repli de confiance envers le dollar et de politiques monétaires accommodantes. Pour un pays classé parmi les principaux producteurs africains, ce cycle haussier ouvre une rare fenêtre budgétaire. Les recettes fiscales et parafiscales du secteur soutiennent un budget national soumis à de fortes pressions sécuritaires, la lutte contre les groupes armés absorbant une part croissante des dépenses publiques. En 2025, la production totale a atteint un niveau record d’environ 94 tonnes, et le déficit budgétaire a nettement diminué.

Cette embellie n’efface pas les difficultés opérationnelles. Plusieurs sites restent exposés aux incursions armées, notamment dans l’est et le nord, contraignant certains opérateurs à revoir leurs plans. Malgré ces contraintes, les volumes exportés maintiennent le Burkina Faso parmi les cinq premiers producteurs du continent, aux côtés du Ghana, du Mali, du Soudan et de l’Afrique du Sud.

Concrètement, la « méthode IB » s’est traduite par la nationalisation de mines stratégiques (Boungou et Wahgnion), le renforcement de la participation étatique via SOPAMIB, la création d’une première mine industrielle 100 % publique (Bouboulou) et l’augmentation des redevances. L’objectif est clair : retenir davantage de valeur sur le territoire, formaliser l’orpaillage artisanal et développer le raffinage local. Cette orientation souverainiste, soutenue par les cours élevés, redessine le rôle de l’État dans l’économie extractive burkinabè.

Saliou Cissé

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