Moyen-Orient : Trump annonce des discussions avec l’Iran qui dément toute négociation directe
Le président américain Donald Trump a déclaré que des discussions avec l’Iran devaient débuter lundi, quelques jours après avoir suspendu des projets de frappes contre la République islamique. Téhéran a toutefois démenti l’existence de négociations directes avec Washington, affirmant poursuivre uniquement des échanges avec Oman sur la navigation dans le détroit d’Ormuz.
À bord de l’avion présidentiel dimanche soir, Donald Trump a expliqué avoir renoncé à des bombardements qu’il avait auparavant évoqués.
« Ce que l’on fait maintenant, c’est parler avec eux sous la forme d’une négociation », a-t-il déclaré, ajoutant que ces discussions devaient commencer lundi après-midi, sans fournir davantage de précisions.
Le président américain avait récemment menacé de « frapper fort » l’Iran avant d’annoncer la suspension de ses plans militaires, affirmant privilégier une solution diplomatique.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a rejeté ces déclarations.
« Nous ne négocions pas avec les États-Unis en ce moment. Nous négocions avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d’Ormuz », a déclaré lundi son porte-parole, Esmaïl Baghaï, lors de son point de presse hebdomadaire.
Selon Téhéran, les discussions en cours portent exclusivement sur la réouverture d’un corridor maritime dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures.
Esmaïl Baghaï avait indiqué dimanche qu’un accord avec le sultanat d’Oman était proche. L’objectif, selon lui, est de définir un itinéraire « acceptable pour les deux parties » garantissant les intérêts de sécurité et de souveraineté de chacun. Les autorités omanaises n’ont pas commenté ces déclarations.
Les perspectives d’un accord sur la navigation ont contribué à une baisse des cours du pétrole lundi. Le Brent, référence mondiale, reculait de plus de 5 % en matinée, autour de 82 dollars le baril, après avoir dépassé les 100 dollars fin juillet.
La situation dans le détroit d’Ormuz demeure toutefois instable. L’agence britannique de sécurité maritime UKMTO a fait état dans la nuit de dimanche à lundi d’une explosion à proximité d’un pétrolier.
Donald Trump a déclaré avoir suspendu les frappes envisagées après des demandes formulées, selon lui, par plusieurs pays de la région. Il a cité l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar ainsi que l’Iran, estimant qu’un accord sur Ormuz ouvrirait ensuite la voie à un règlement sur le programme nucléaire iranien.
Téhéran a rejeté ces affirmations, qualifiant les propos du président américain de « nouveau mensonge ».
Selon l’agence de presse officielle saoudienne, le prince héritier Mohammed ben Salmane s’est entretenu avec Donald Trump et l’a appelé à privilégier le dialogue afin de réduire les tensions régionales.
Le conflit, déclenché fin février par une offensive américano-israélienne contre l’Iran, avait connu une accalmie au printemps avant de reprendre début juillet.
Plusieurs médias américains, dont CBS News, ont rapporté que Washington avait envisagé de nouvelles frappes au cours du week-end, visant notamment des raffineries et des infrastructures électriques iraniennes. Aucune de ces informations n’a été officiellement confirmée par les autorités américaines.
Parallèlement, les tensions se sont étendues à la mer Rouge. Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, ont annoncé un blocus des ports saoudiens et revendiqué plusieurs attaques contre des pétroliers et des installations énergétiques du royaume.
Ibou Camara
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