ONU : Macky Sall éliminé, la Casamance, la Gambie, la Guinée-Bissau et même le Sénégal n’oublieront pas
Ce vendredi 21 août 2026, le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit à huis clos pour un deuxième vote indicatif. Quinze bulletins anonymes. Trois mentions : « encourage », « décourage », « sans opinion ». Et déjà, pour nous qui avons vécu les années Macky Sall en Casamance, en Gambie et en Guinée-Bissau et même au Sénégal, le verdict est clair : l’ancien président sénégalais est hors-jeu.
Au premier tour du 30 juillet, Rebeca Grynspan (Costa Rica) avait pris la tête avec 10 encouragements contre un seul découragement. Carolyn Rodrigues-Birkett (Guyana) suivait avec 9-2-4. Rafael Grossi (AIEA) arrivait troisième. Macky Sall, lui, a récolté six « encourage »… et surtout sept « décourage », le score le plus élevé de tous les candidats. Sept membres du Conseil de sécurité ont explicitement dit non.
Pour ceux qui ont enterré des proches dans les villages de Casamance, qui ont vu les exactions, les déplacements de populations, les promesses de paix jamais tenues, et qui ont ensuite vécu les tirs à balles réelles, les emprisonnements et les morts des manifestations de 2021-2024, ce chiffre n’est pas une statistique. C’est une forme de reconnaissance tardive.
Macky Sall a voulu se présenter comme le candidat de l’Afrique et du Sud global. Il a sillonné les capitales, multiplié les poignées de main, obtenu le soutien tardif et calculé de Bassirou Diomaye Faye. Mais le Conseil de sécurité a regardé au-delà des discours. Il a vu un homme qui, pendant douze ans, a géré la Casamance comme un dossier de sécurité plutôt que comme une question de justice et de dignité. Il a vu un pouvoir qui a répondu aux protestations démocratiques par la violence. Les sept « décourage » disent, en langage diplomatique, ce que les Casamançais mais aussi les Gambiens, des Bissau-guinéens et les Sénégalais du Pastef d’Ousmance Sonko, savent depuis longtemps : cet homme n’a pas la stature morale pour diriger l’Organisation des Nations unies.
Le processus est conçu pour pousser les candidats les moins soutenus à se retirer. Après ce deuxième tour, Macky Sall pourrait être contraint de jeter l’éponge rapidement. Certains à New York parlent déjà de « sortie discrète ». Nous, en Casamance, nous dirons plutôt : justice est un peu rendue.
Trois noms pour succéder à Guterres
Le champ se resserre autour de trois profils.
Rebeca Grynspan reste la grande favorite. Économiste, ancienne vice-présidente du Costa Rica, actuelle patronne de la Cnuced, elle a prouvé qu’elle savait négocier dans des contextes de crise (initiative céréalière mer Noire). Une seule opposition au premier tour. Femme, Latino-Américaine, technicienne : elle coche toutes les cases de l’alternance géographique et de la parité que beaucoup d’États membres réclament.
Carolyn Rodrigues-Birkett, 52 ans, ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana et ambassadrice à l’ONU, a surpris en se hissant juste derrière. Plus jeune, moins médiatisée, elle incarne un renouvellement possible. Ses deux « décourage » restent à surveiller, mais elle dispose d’une position de négociation solide.
Rafael Grossi, directeur de l’AIEA, est le seul homme encore crédible du peloton de tête. Son expérience des dossiers nucléaires est réelle. Mais dans une course marquée par l’exigence d’une femme et d’une Amérique latine, il part avec un handicap.
Les autres – Bachelet, Espinosa, Otunnu, A-Baki – semblent déjà relégués au second plan.
Le représentant russe a laissé entendre que de nouvelles candidatures pourraient encore émerger en cas de blocage. C’est le jeu habituel des grandes puissances. Mais pour nous, Casamançais s qui avons payé le prix des dérives autoritaires de ces dernières années, l’essentiel est déjà acquis : Macky Sall ne dirigera pas l’ONU.
Ce n’est pas une victoire complète. Les cicatrices de la Casamance de Ziguinchor à Kédougou en passant par Bignona et Diaobé, ne s’effacent pas avec un vote à New York. Mais c’est un signal.
Le monde diplomatique, même opaque et cynique, a refusé de donner le plus haut poste multilatéral à un homme dont le bilan intérieur reste marqué par la violence et le mépris des vies.
À nous, maintenant, de veiller à ce que la mémoire ne s’efface pas.
Cathy Manga
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