Vous êtes ici: Accueil » Actualité » Casamance : Contribution de Malang Daffé instituteur à Sédhiou : Les fantômes de Casamance hantent Macky Sall et Diomaye Faye jusqu’à New York

Casamance : Contribution de Malang Daffé instituteur à Sédhiou : Les fantômes de Casamance hantent Macky Sall et Diomaye Faye jusqu’à New York

Casamance : Contribution de Malang Daffé instituteur à Sédhiou : Les fantômes de Casamance hantent Macky Sall et Diomaye Faye jusqu’à New York

Alors que Rebeca Grynspan consolide son statut de favorite, l’ancien président sénégalais traîne le boulet de son bilan sanglant. Le soutien de Bassirou Diomaye Faye n’y change rien.

Le quatrième scrutin indicatif du Conseil de sécurité, organisé le 29 septembre 2026, n’a surpris personne. Macky Sall, unique candidat africain encore en lice pour succéder à António Guterres, a obtenu cinq voix d’encouragement, neuf d’opposition et une abstention. C’est le score le plus défavorable parmi les sept candidats restants. Face à lui, la Costaricienne Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente et secrétaire générale de la CNUCED, a renforcé sa position avec dix voix favorables, trois défavorables et deux sans opinion. Carolyn Rodrigues-Birkett (Guyana) et Rafael Grossi (Argentine) suivent avec huit encouragements chacun.

Malgré le soutien réaffirmé à la tribune de l’Assemblée générale par le président Bassirou Diomaye Faye, qui a vanté un « leadership expérimenté » capable de « bâtir des ponts », la candidature de Macky Sall stagne. Portée initialement par le Burundi, puis endossée tardivement par Dakar, elle s’enlise. Les diplomates ne s’y trompent pas : le passif est trop lourd.

Ce passif porte un nom : les fantômes de la Casamance et, plus largement, ceux de la répression politique 2021-2024. Pendant douze ans de mandat (2012-2024), Macky Sall a laissé pourrir un conflit indépendantiste chronique en territoire d’Aline Sitoé Diatta. Les répressions de manifestations ont fait des dizaines de morts selon les organisations de défense des droits humains – Amnesty International parle d’au moins 65 personnes tuées, majoritairement par balles. L’adoption, dans les derniers jours de son pouvoir, d’une loi d’amnistie controversée a couvert ces faits, privant les familles de justice. Même si des révisions ultérieures ont tenté de lever partiellement cette impunité, le mal est fait. L’image de l’ancien chef d’État est ternie auprès de nombreux membres du Conseil de sécurité. La situation en Casamance, marquée par un conflit jamais réellement résolu, a été évoquée comme un facteur d’inquiétude supplémentaire.

Qui peut sérieusement croire qu’un homme dont le bilan en matière de droits humains et de gestion de la crise casamançaise est contesté par les victimes elles-mêmes puisse incarner les Nations unies ? Les associations de familles de victimes ont dénoncé le soutien de Diomaye Faye comme une trahison de la mémoire nationale. « On ne peut pas verser du sang puis diriger les Nations unies », résume la colère qui gronde au Sénégal. Le président Faye, élu sur la promesse d’une rupture, choisit pourtant de porter la candidature de celui qui symbolise pour beaucoup l’impunité. Ce soutien, présenté comme une démarche d’unité nationale et de défense de l’Afrique, ressemble davantage à un calcul politique qui se retourne contre ses auteurs.

Pendant ce temps, Rebeca Grynspan avance. Elle améliore son score par rapport au tour précédent et reste la seule à franchir le seuil symbolique des dix soutiens. Les Amériques et le leadership féminin semblent séduire davantage que le candidat africain handicapé par son propre passé. Le prochain vote, attendu en octobre, pourrait encore faire bouger les lignes, surtout si les positions des cinq membres permanents se clarifient. Mais pour Macky Sall, chaque scrutin confirme la même réalité : les fantômes ne se laissent pas facilement enfermer dans une valise diplomatique.

En Casamance, on observe ces manœuvres avec un mélange d’amertume et de lucidité. Les échecs internationaux de ceux qui ont gouverné ou soutenu sans résoudre les plaies ouvertes dans toute la Casamance, ne sont pas une surprise. Ils en sont la conséquence logique. Tant que la vérité, la justice et une paix véritable resteront en suspens, les candidatures bâties sur le silence des victimes continueront de trébucher. New York n’est qu’un miroir de plus.

Contribution de Malang Daffé instituteur à Sédhiou

Propager la liberté et l'indépendance de s'informer

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté en pour poster un commentaire.

Copyright © 2013 Tamba Networks Inc. All rights reserved.

Retour en haut de la page