Casamance : Élisabeth Diatta, fille de la Casamance, remporte la première médaille d’or olympique de la résilience
Samedi 7 novembre 2026, sur le sable chaud de Saly, une jeune fille de 16 ans a fait taire les rumeurs de guerre et les larmes d’une terre meurtrie. Élisabeth Diatta, native de cette Casamance blessée par plus de quarante années de conflit, a offert au Sénégal sa première médaille d’or des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. En lutte de plage, catégorie des moins de 55 kg, elle a dominé la Japonaise Reisa Kojima par 5 points à 1, scellant sa victoire d’une projection magistrale.
Ce sacre n’est pas seulement sportif. Il est politique, humain, profondément casamançais. Pendant que ses parents croupissent en prison, Élisabeth s’est levée, seule, comme jadis la reine Aline Sitoé Diatta se dressa contre l’occupant colonial. Même sang, même terre, même refus de plier. La lutte coule dans les veines de cette région où les corps se battent depuis toujours : contre la nature, contre l’histoire, contre le silence imposé. Sur le ring de sable, la jeune lutteuse a transformé la douleur en puissance, l’absence en présence. Vêtue de vert, les yeux humides, elle a salué le public composé en majorité par les Casamançais de Mbour et remercié en Diola, voix tremblante d’émotion, toute la Casamance après avoir souligné : « Je veux dire aux filles que la lutte n’est pas seulement pour les garçons », a-t-elle déclaré.
Si Maguette Diop du Sénégal a suivi en décrochant l’or chez les hommes (80 kg), c’est bien Élisabeth qui a ouvert la voie, portant sur ses épaules frêles le poids d’un peuple et d’une région trop longtemps oubliée. Dans une Casamance où les arbres pleurent encore les disparus et où les rizières gardent la mémoire des armes, cette médaille d’or brille comme un soleil de résilience. Elle rappelle que la véritable résistance ne se mesure pas toujours en coups de feu, mais en gestes de courage, en rêves tenaces, en victoires arrachées au destin.
Élisabeth Diatta n’a pas seulement gagné une médaille. Elle a rendu à sa terre natale une dignité, une fierté, une lumière. Comme Aline Sitoé Diatta avant elle, elle incarne cette Casamance qui refuse de mourir. Que son or serve de balise : même dans les ténèbres, la Casamance reste debout pour faire taire les canons sénégalais du désespoir.
Pourtant, une crainte sourde demeure.
À Ziguinchor, la capitale et la perle de la Casamance, le cœur bat encore au rythme des tam-tams et des feuilles qui dansent. Quand Boubacar Amadou Diallo est rentré de Pune, en Inde, avec ses médailles mondiales autour du cou, la ville entière s’est embrasée. Les rues du quartier Boucotte ont vibré sous les pas du Diambadong. Les chants peuls ont retenti, les femmes ont agité leurs palmes, les anciens ont béni le ciel : voilà notre champion, le premier Africain à dominer le roller mondial.
Ce jeune Peul casamançais, membre fier du club Casa Roller de Ziguinchor, a conquis les Championnats du monde de roller de vitesse 2025. Trois médailles d’or, une d’argent : une moisson historique. Mais où étaient les autorités sénégalaises ? Aucun ministre, aucun gouverneur, aucun député n’a daigné l’accueillir. Pas un mot, pas une réception, pas une félicitation officielle. Parce qu’il est Peul, parce qu’il est Casamançais. Le déni est criant.
Comme ses aînés Ankiling Diabone ou Hortense Diédhiou, talents immenses de notre terre, trop souvent ignorés par Dakar. Cette discrimination ethnique et régionale a déjà fait ses preuves. Et c’est précisément cette mémoire qui fait peur aujourd’hui. Que deviendra la médaille d’Élisabeth Diatta une fois les projecteurs éteints ? Sera-t-elle célébrée comme il se doit, ou rejoindra-t-elle la longue liste des champions casamançais oubliés, salués par leur peuple mais abandonnés par l’État ?
La Casamance sait se lever seule. Elle l’a encore prouvé. Mais elle sait aussi, trop bien, ce que coûte d’être oubliée.
Balanta Mané
Commentaires (2)
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ewang
Félicitation Championne. Que le Bon Dieu veille sur toi. Que les prières de nos parents et nos ancêtres te couvrent de bienfaits, t’offrent une force redoutable pour combattre tes adversaires.
En Hommage à la Reine Aline Sitoé DIATTA. Paix à son Ame. La Casamance ne l’oubliera jamais.
Nous attendons d’autres médailles. Vous méritez un accueil chaleureux lors du retour au bercail.
Que le Bon Dieu vous protège et vous garde longtemps parmi nous. Vive la Casamance victorieuse. A Barakat Ediandiang..
Safi
Félicitations ma soeur et vive la Casamance.