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Sénégal : À Dakar, les Jeux olympiques de la jeunesse s’ouvrent sous le signe d’une malédiction diplomatique

Sénégal : À Dakar, les Jeux olympiques de la jeunesse s’ouvrent sous le signe d’une malédiction diplomatique

Les anneaux olympiques s’élèvent ce samedi 31 octobre 2026 sur le sol africain pour la première fois de l’histoire des Jeux de la jeunesse. Pourtant, à Dakar, l’atmosphère n’est pas uniquement festive. Une question circule déjà dans les cercles diplomatiques et les conversations de terrasse : les JOJ de Dakar seraient-ils maudits ?

Le premier signal est venu de Paris. Emmanuel Macron, dont la présence à l’ouverture était annoncée dans les coulisses pour les 30 et 31 octobre, a reporté au dernier moment son déplacement au Sénégal et au Nigeria. Officiellement, la France traverse une crise sociale d’une ampleur inédite. Le président a jugé prioritaire de rester à Paris plutôt que de paraître aux côtés de Bassirou Diomaye Faye pour célébrer un événement présenté comme historique.

Puis c’est le président polonais Karol Nawrocki qui a, littéralement, fait demi-tour en plein vol. En route vers Dakar pour une visite d’État liée aux Jeux, il a ordonné le retour de son appareil après l’annonce de la suspension du président du Tribunal constitutionnel polonais. Des heurts avaient éclaté devant le siège de l’institution à Varsovie, la police était déployée en force, et l’opposition dénonçait un « coup d’État ». « À un moment comme celui-ci, le président doit être en Pologne », a-t-il écrit sur X.

Ces absences successives interviennent alors que les organisateurs peinent déjà à confirmer la présence de plusieurs chefs d’État. Seul le président mauritanien est, à ce stade, solidement annoncé pour la cérémonie d’ouverture. Les critiques locales sur le coût des infrastructures, le stade Abdoulaye Wade toujours déficitaire et le faible engouement populaire dans un Sénégal en crise économique ne facilitent pas non plus le climat.

Dans ce contexte chargé, un autre retrait, plus politique, a marqué les dernières semaines. Soutenu par le président Diomaye Faye, Macky Sall a renoncé, le 17 octobre, à sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. Après un vote informel du Conseil de sécurité peu favorable et des consultations avec Faye et le président de l’Union africaine, l’ancien chef d’État sénégalais a estimé préférable de laisser la voie à une candidature consensuelle, probablement latino-américaine.

En Casamance, sous fond de boycott des JOJ, des mineurs, des femmes et une trentaine d’hommes soupçonnés d’appartenir aux indépendantistes du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) sont brutalisés et jetés manu militari en prison. « Comme Abdou Diouf et Macky Sall, Bassirou Diomaye Faye souffrira de ses atrocités en Casamance », avise un vieux sage de Bignona.

Les Jeux de Dakar s’ouvrent donc dans une atmosphère étrange : un événement historique pour l’Afrique, mais déjà assombri par des turbulences politiques venues d’Europe et par les réticences d’une partie de la population sénégalaise. La malédiction n’est peut-être qu’une construction médiatique. Elle n’en révèle pas moins la fragilité du moment diplomatique dans lequel le Sénégal accueille le monde.

Balanta Mané

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