Monde : Les grandes compagnies pétrolières engrangent près de 93 milliards de dollars de bénéfices pendant la fermeture du détroit d’Ormuz
Les géants pétroliers ont engrangé des profits records au deuxième trimestre, profitant de la flambée des prix de l’énergie provoquée par le conflit en Iran et la paralysie des voies maritimes via le détroit d’Ormuz, un corridor par lequel transitait environ un cinquième du pétrole mondial.
Les huit plus grandes compagnies pétrolières cotées ont amassé près de 93 milliards de dollars de bénéfices entre avril et juin, soit plus de 700 000 dollars de profit par minute, selon une analyse du Guardian. Ces résultats exceptionnels, obtenus alors que la crise climatique alimentée par les émissions fossiles provoque des vagues de chaleur meurtrières, relancent les appels à taxer ces entreprises pour financer la transition énergétique et réparer les dommages environnementaux.
ExxonMobil, première compagnie américaine, a annoncé un bénéfice net de 14,5 milliards de dollars (14,7 milliards en données ajustées), son plus haut niveau en quatre ans. La hausse des prix du pétrole et l’amélioration des marges de raffinage ont compensé des perturbations de production au Qatar, qui ont toutefois laissé les résultats en deçà des attentes de Wall Street.
Chevron, deuxième américaine, a enregistré 12 milliards de dollars de bénéfices, son meilleur trimestre en six ans et au-dessus des prévisions. Les bénéfices de l’exploration-production ont bondi de 200 % sur un an, à 8,2 milliards de dollars, tandis que ceux du raffinage et de la distribution ont atteint 4,9 milliards, leur plus haut niveau depuis le début des années 2010.
Shell, première européenne, a près de doublé ses bénéfices à près de 10 milliards de dollars, dépassant les attentes grâce à la hausse des prix du pétrole et du gaz et à la résilience de ses activités de gaz naturel liquéfié (GNL), malgré des perturbations au Moyen-Orient.
TotalEnergies a vu ses bénéfices progresser de 67 %, à leur meilleur niveau depuis près de trois ans. La hausse des prix du brut et l’amélioration des marges de raffinage et de chimie ont compensé le recul du segment GNL.
BP a annoncé un bénéfice sous-jacent de 5,73 milliards de dollars, plus du double des 2,35 milliards de la même période l’an dernier, et supérieur aux attentes du marché.
Saudi Aramco, le géant saoudien, a affiché une hausse de 44 % de ses bénéfices, à 32,69 milliards de dollars. Le réseau d’oléoducs Est-Ouest du royaume limite sa dépendance au détroit d’Ormuz.
Le président américain Donald Trump a vivement critiqué ces résultats, accusant notamment ExxonMobil et Chevron de « faire trop d’argent » grâce à la pénurie liée au conflit. « Ils font trop d’argent à cause d’une pénurie. Je n’aime pas ça», a-t-il déclaré à la Maison Blanche, exigeant des baisses de prix à la pompe et la restitution d’une partie des profits au public.
Les compagnies pétrolières insistent sur le rôle des prix de marché et des investissements nécessaires pour assurer l’approvisionnement mondial. Les prix du Brent, qui avaient atteint des pics au-dessus de 126 dollars le baril, restent élevés, pesant sur les consommateurs et l’inflation.
ARDiallo
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