Tunisie : des centaines de manifestants dénoncent les pénuries d’eau et d’électricité
Des centaines de Tunisiens ont manifesté jeudi dans la capitale contre le président Kaïs Saied, dénonçant les pénuries d’eau potable et les coupures d’électricité qui frappent plusieurs régions du pays en pleine vague de chaleur, et réclamant la libération d’opposants et de militants emprisonnés.
Les manifestants brandissaient des pancartes évoquant la « soif » et « l’obscurité », tandis que des slogans dénonçaient l’absence de services publics et la concentration du pouvoir entre les mains du président. « Il n’y a ni eau, ni électricité, ni liberté », a déclaré l’ancien député Samir Ben Amor.
La mobilisation intervient après plusieurs semaines de manifestations locales. Le Forum tunisien pour les droits sociaux et économiques (FTDES) affirme avoir recensé des centaines de mouvements de protestation à travers le pays, principalement liés aux pénuries d’eau et aux coupures d’électricité.
La Tunisie traverse un été marqué par des températures exceptionnellement élevées, qui ont mis à rude épreuve le réseau électrique. Dans certaines régions, les températures ont approché 50 °C. Les coupures de courant ont également perturbé l’approvisionnement en eau, les installations de distribution dépendant en partie de l’électricité.
Le président Saied, qui avait reconnu en juillet que des coupures d’eau et d’électricité de plus de 24 heures étaient « inacceptables », a demandé aux autorités d’y mettre fin et de prévenir les habitants lorsque des interruptions sont inévitables.
Mais la colère dépasse désormais les seules difficultés matérielles. Les manifestants ont demandé la libération de figures de l’opposition, de militants et de journalistes détenus depuis le virage politique pris par Saied en 2021.
« Nous nous levons face à la situation catastrophique dans laquelle se trouve aujourd’hui la Tunisie », a déclaré Ezzeddine Hazgui, figure de l’opposition de gauche, accusant le président de diriger le pays sans tenir compte des institutions.
Saied affirme pour sa part que ses mesures visent à lutter contre la corruption et à protéger l’Etat. Ses adversaires dénoncent toutefois un recul des libertés et une concentration sans précédent du pouvoir depuis son intervention de juillet 2021.
Maléguène
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