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Burkina Faso : le régime d’Ibrahim Traoré rétablit la peine de mort, abolie depuis 2018

Burkina Faso : le régime d’Ibrahim Traoré rétablit la peine de mort, abolie depuis 2018

L’Assemblée législative du peuple (ALP) a adopté mardi 20 octobre 2026, à l’unanimité de ses 71 membres non élus, un nouveau Code pénal qui réintroduit la peine capitale au Burkina Faso. Abolie en 2018, cette peine pourra désormais être appliquée aux auteurs et complices d’actes de terrorisme, d’espionnage, de trahison, de parricide, ainsi qu’à ceux d’importation de produits périmés ou prohibés ayant entraîné la mort.

Le pays est dirigé depuis le coup d’État de septembre 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré. Le régime militaire avait déjà officialisé son intention de rétablir la peine de mort en décembre 2025, en adoptant un projet de loi en Conseil des ministres. Selon le ministère de la Justice, cette réforme vise à « renforcer l’ordre public, consolider les valeurs fondamentales de la Nation et garantir la sécurité des personnes et des biens ».

Le nouveau texte ne se limite pas à la peine capitale. Il durcit également de nombreuses sanctions : le détournement de fonds publics pourra être puni de prison à perpétuité et d’une amende égale au triple du montant détourné. Les amendes sont globalement fortement augmentées, les peines en matière de sécurité routière sont alourdies, et de nouvelles infractions liées aux technologies de l’information sont créées. La pénalisation de l’homosexualité est par ailleurs réaffirmée.

La dernière exécution connue au Burkina Faso remonte à 1988. L’abolition de 2018 s’était produite dans un contexte particulier, notamment lié à la demande d’extradition de François Compaoré, frère de l’ancien président Blaise Compaoré, pour son implication présumée dans l’assassinat du journaliste Norbert Zongo.

Cette mesure intervient dans un pays confronté depuis des années à une grave insécurité liée aux groupes armés jihadistes. Si le pouvoir justifie le rétablissement de la peine de mort par la nécessité de dissuader les crimes les plus graves, des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, avaient déjà alerté en 2025 contre les risques d’abus et d’instrumentalisation politique d’une telle peine.

Saliou Cissé

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