France : Acte III de la mobilisation lycéenne : des dizaines de milliers de jeunes attendus dans la rue, soutenus par les syndicats, sous haute surveillance
Ce mardi 6 octobre 2026, la France s’apprête à vivre une nouvelle journée de forte mobilisation lycéenne. Présentée comme « l’acte III » par l’Union syndicale lycéenne, cette journée de manifestations s’inscrit dans un mouvement né mi-septembre en banlieue parisienne, à partir d’un blocage dénonçant des postes d’enseignants vacants, avant de s’étendre à l’ensemble du territoire.
Après un « acte I » le 29 septembre, coincidant avec une journée de grève de la fonction publique, et un « acte II » le 1er octobre marqué par plus de 900 actions et blocages, les organisations lycéennes appellent désormais à des cortèges plus classiques dans une trentaine de villes. À Paris, le rassemblement est prévu dès 14 heures place de la République, avec une participation estimée entre 20 000 et 40 000 personnes. Des manifestations sont également annoncées à Lyon, Marseille, Toulouse, Rennes, Lille, Bordeaux et ailleurs.
Les lycéens réclament davantage de moyens pour l’Éducation nationale : recrutement d’enseignants pour assurer les remplacements, baisse des effectifs par classe, plan d’urgence pour le bâti scolaire souvent jugé insalubre, et réforme de Parcoursup, critiquée pour ses inégalités. Le mouvement a rapidement reçu le soutien d’une large intersyndicale de l’Éducation nationale (FSU, CGT, FO, CFDT, Unsa, Sud et Solidaires), qui appelle les personnels à se joindre aux cortèges, y compris par la grève. Étudiants, CGT et même la Confédération paysanne ont également annoncé leur participation.
Matignon redoute cependant des débordements. Le gouvernement dénonce un basculement vers des « violences urbaines » et appelle à ce que les revendications s’expriment « dans un cadre pacifique ». Depuis le début du mouvement, 715 policiers et gendarmes ont été blessés, ainsi que 215 élèves (majoritairement dans des accidents ou par des tiers) et 85 personnels éducatifs. Plus de 6 000 interpellations ont été recensées et dix enquêtes de l’IGPN ouvertes. Des milliers de forces de l’ordre sont mobilisées, notamment 2 000 à Paris.
Dès l’aube, des dizaines de blocages ou rassemblements étaient déjà signalés devant des établissements. Cette journée, qui élargit la contestation au-delà des seuls lycéens, constitue un test majeur pour un mouvement devenu l’un des plus importants de la jeunesse française de ces dernières décennies.
Ibou Camara
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