Vous êtes ici: Accueil » Actualité » Casamance : Désertions massives dans l’armée sénégalaise au profit du maquis des indépendantistes du MFDC

Casamance : Désertions massives dans l’armée sénégalaise au profit du maquis des indépendantistes du MFDC

Casamance : Désertions massives dans l’armée sénégalaise au profit du maquis des indépendantistes du MFDC

Depuis le début de l’année 2026, l’armée sénégalaise traverse l’une des crises internes les plus graves de son histoire récente. Deux cent dix-sept militaires, en très grande majorité d’origine casamançaise, ont déserté les rangs. La vague la plus importante est survenue après la défaite essuyée par les forces armées dans le nord de Sindian, en mars dernier.

Selon des sources indépendantistes jugées dignes de foi et proches du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), plus d’une centaine de ces soldats, déjà formés au combat conventionnel, ont rejoint « leurs frères » dans le maquis. L’état-major sénégalais, de son côté, reconnaît qu’une cinquantaine d’entre eux ont été identifiés parmi les migrants clandestins au Maroc et en Europe. Du sort des autres, aucune nouvelle n’a filtré.

Un officier supérieur, qui a accepté de s’exprimer sous couvert d’anonymat, évoque un climat « proche de la panique » au sein de la hiérarchie. « Ces hommes sont partis avec leurs armes individuelles et, dans certains cas, avec des armes collectives. C’est une saignée opérationnelle et psychologique », confie-t-il.

Les racines d’un rejet

Les raisons avancées sont multiples, mais convergent vers un même constat. Selon cet officier, la haine et les mauvais traitements infligés aux engagés d’origine casamançaise se sont nettement intensifiés depuis la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. « Beaucoup de soldats ne se reconnaissent plus dans cette armée dite républicaine », poursuit-il. Une armée qui, depuis plus de quatre décennies, mène une guerre qui frappe d’abord les populations civiles casamançaises, provoquant des exodes massifs vers la Gambie, la Guinée-Bissau ou l’Europe.

Ces déserteurs, désormais engagés dans le combat pour l’indépendance de la Casamance, apportent au maquis une expérience rare : connaissance des procédures, des circuits de renseignement et des modes opératoires des unités de combat sénégalaises. Une « mine d’or », selon les indépendantistes. Mais une mine d’or regardée avec méfiance. « Tous les cadres du MFDC savent qu’il faut interroger et surveiller ces nouveaux venus. Il pourrait y avoir des infiltrés. Une erreur de ce type coûterait cher aux troupes Atika », soulignent des sources proches du mouvement.

L’échec politique, toujours recommencé

Au-delà de la question militaire, ces désertions jettent une lumière crue sur l’impasse politique. Depuis plus de quarante ans, les tentatives de règlement du conflit casamançais se succèdent sans jamais aboutir à une solution durable. Accords signés, dialogues suspendus, déclarations d’intention oubliées : le dossier reste le plus long et le plus douloureux de l’histoire contemporaine du Sénégal.

La montée des désertions révèle non seulement une fracture au sein de l’armée, mais aussi l’incapacité des autorités du Sénégal à transformer une question de sécurité en véritable projet politique. Tant que les populations casamançaises continueront de se sentir traitées en suspects plutôt qu’en citoyens, la tentation du maquis restera réelle pour une partie de la jeunesse – y compris celle qui a d’abord choisi l’uniforme.

Dans les casernes comme dans les villages de la Casamance, le silence est lourd. L’armée sénégalaise perd des hommes, des armes et, plus gravement encore, une part de sa cohésion.

La Casamance, elle, continue son combat vers la liberté et l’indépendance.

Antoine Bampoky

Propager la liberté et l'indépendance de s'informer

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté en pour poster un commentaire.

Copyright © 2013 Tamba Networks Inc. All rights reserved.

Retour en haut de la page