Mozambique : une nouvelle saisie de fentanyl à Maputo fait craindre l’émergence d’une route internationale
Les autorités mozambicaines ont saisi 1,4 tonne de fentanyl à l’aéroport international de Maputo, une prise spectaculaire qui renforce les inquiétudes sur l’utilisation du pays comme nouvelle plateforme du trafic de drogues de synthèse.
Le Service national d’enquête criminelle (SERNIC) a annoncé jeudi 13 août que le fentanyl, sous forme liquide, avait été dissimulé dans des flacons présentés comme des produits cosmétiques en provenance du Brésil. La cargaison devait arriver en trois lots, les 1er, 6 et 11 août, après un départ de Campinas, dans l’Etat de São Paulo, et une escale à Luanda. Un Mozambicain de 31 ans a été arrêté alors qu’il venait récupérer la marchandise.
Cette opération intervient deux mois après une autre saisie majeure dans le même aéroport. En juin, le SERNIC avait découvert 3,7 tonnes de fentanyl et de substances associées dans les entrepôts d’une entreprise privée. Les autorités avaient alors évoqué une opération de trafic international et arrêté plusieurs suspects, dont un ressortissant nigérian et, par la suite, un employé des douanes.
L’ampleur de ces saisies est d’autant plus frappante que le fentanyl apparaît relativement récemment dans les réseaux de trafic mozambicains. Cet opioïde de synthèse est utilisé médicalement contre les douleurs sévères mais sa puissance, environ 100 fois supérieure à celle de la morphine, en fait une substance particulièrement dangereuse lorsqu’elle est détournée.
La hausse générale de la consommation inquiète également les autorités. En 2025, 32.281 personnes ont été prises en charge dans les établissements de santé mozambicains pour des troubles liés à la consommation de drogues, soit 38% de plus qu’en 2024. Les autorités ont parallèlement saisi 4,4 tonnes de diverses drogues l’an dernier.
Les deux saisies de fentanyl à Maputo pourraient désormais fournir aux enquêteurs des éléments sur de nouvelles connexions entre l’Amérique latine, l’Afrique australe et, potentiellement, les marchés d’Océanie. Elles illustrent surtout l’évolution des routes du narcotrafic dans une région déjà confrontée à la progression des drogues de synthèse.
Saliou Cissé
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