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Koweït : prisonnier d’Ormuz, l’émirat cherche une issue à sa vulnérabilité pétrolière

Koweït : prisonnier d’Ormuz, l’émirat cherche une issue à sa vulnérabilité pétrolière

Ni oléoduc ni façade maritime de substitution : le Koweït se retrouve en première ligne face au blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitaient ses exportations de pétrole avant la guerre au Moyen-Orient.

« Il s’agit sans aucun doute de la crise la plus grave qu’ait connue le secteur pétrolier depuis l’invasion du pays par l’Irak en 1990 », estime le PDG de la Kuwait Petroleum Corporation (KPC), Cheikh Nawaf Saud al-Sabah, cité par l’AFP.

Le conflit, déclenché fin février par des frappes israélo-américaines contre l’Iran, n’a pas provoqué au Koweït des destructions comparables à celles de 1990. Mais ses conséquences économiques sont lourdes. Le pétrole représente environ 95% des exportations et près de 90% des recettes publiques, tandis que le pays détient environ 7% des réserves mondiales.

Contrairement à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, qui disposent de pipelines permettant de contourner partiellement Ormuz, le Koweït n’a pas d’itinéraire équivalent. L’Agence internationale de l’énergie estime que Riyad et Abou Dhabi sont les seuls pays disposant actuellement de capacités significatives de contournement.

La KPC avait invoqué la force majeure au début de la crise, avant de la lever en juin. Le groupe a notamment utilisé des stocks situés hors de la région pour amortir le choc.

Les chiffres économiques illustrent l’ampleur des dégâts. Le PIB koweïtien a reculé de 4,6% sur un an au premier trimestre 2026, tandis que le PIB pétrolier s’est contracté de 12,5%. La production, tombée à 1,2 million de barils par jour en mars, a encore diminué en avril-mai lorsque les capacités de stockage nationales ont été saturées.

À long terme, les experts jugent la dépendance à Ormuz difficilement soutenable. « La dépendance du Koweït au détroit est devenue une vulnérabilité stratégique », estime Amena Bakr, analyste chez Kpler.

Le Koweït espère désormais une réouverture durable du détroit. Mais tant que les combats et les attaques contre les navires se poursuivent, l’émirat reste exposé à un risque que ses importantes réserves financières ne peuvent entièrement neutraliser.

Cathy Manga

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