Guinée : l’ancien président de la Cour constitutionnelle Mohamed Lamine Bangoura condamné à sept ans de prison pour corruption et détournement
L’ancien président de la Cour constitutionnelle guinéenne, Mohamed Lamine Bangoura, a été condamné mercredi 21 octobre 2026 à sept ans de prison ferme par la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief). La juridiction anticorruption, créée après le coup d’État de septembre 2021, l’a reconnu coupable d’enrichissement illicite, de corruption, de détournement de deniers publics et de blanchiment de capitaux. Il a en revanche été relaxé des chefs de faux et usage de faux.
La Crief, présidée par Alpha Camara, a également infligé à l’ancien magistrat une amende de deux milliards de francs guinéens (environ 200 700 euros) et une peine d’inéligibilité de cinq ans. Tous ses biens situés en Guinée et au Sénégal – notamment deux villas à Lambanyi, une villa à Wonkifong, une maison à Dubréka, une plantation et un immeuble à Dakar – ont été confisqués au profit de l’État.
Détenu depuis le 15 décembre 2022, Mohamed Lamine Bangoura avait toujours contesté les accusations. Sa défense avait plaidé la relaxe, estimant le dossier vide. Le ministère public avait requis dix ans de prison et une amende de 50 milliards de francs guinéens. Les faits reprochés concernent principalement la gestion de la subvention annuelle de la Cour constitutionnelle, évaluée à environ 20 milliards de francs guinéens, ainsi que d’autres sommes liées aux élections de 2020 et à des loyers.
Deux de ses coaccusés, Sidiki Sylla (ex-directeur administratif et financier) et Amadou Diallo (ex-vice-président de la Cour), en fuite, ont été condamnés par contumace à dix ans de prison chacun et à une amende de cinq milliards de francs guinéens. Des mandats d’arrêt ont été décernés contre eux. Les trois hommes devront solidairement verser 41 milliards de francs guinéens à l’État guinéen. L’action publique a été éteinte à l’égard d’une autre prévenue, Roguiatou Barry, décédée.
Ancien haut responsable sous la présidence d’Alpha Condé, Mohamed Lamine Bangoura avait notamment validé le troisième mandat controversé du chef de l’État en 2020. Cette condamnation s’inscrit dans la série de procédures engagées par la Crief contre près de 180 responsables de l’ancien régime.
Balanta Mané
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