France : Sous le feu des critiques, Emmanuel Macron reporte son voyage au Nigeria et au Sénégal
Le président français Emmanuel Macron a reporté vendredi son déplacement au Nigeria et au Sénégal, prévu du 28 au 31 octobre, alors que la France est confrontée à un mouvement social d’ampleur inédit, marqué par des violences et des manifestations massives.
L’entourage de l’Élysée a indiqué que ce voyage, qui répondait à un « agenda diplomatique et de coopération » sans lien direct avec l’urgence énergétique, avait été reporté « à une date ultérieure ». Le président a informé ses partenaires africains de cette décision.
Contrairement à sa récente tournée dans le Golfe (lundi à mercredi), très critiquée après les émeutes du week-end précédent, le déplacement en Afrique de l’Ouest n’avait pas pour objectif de sécuriser des livraisons de pétrole et de gaz. « Le maintien de la tournée au Moyen-Orient a été pleinement assumé par le président de la République car il visait à obtenir des résultats rapides pour garantir la sécurité de nos approvisionnements énergétiques. C’était un enjeu stratégique dans le contexte de crise énergétique mondiale », a-t-on souligné de source proche de l’Élysée, en rappelant que des accords concrets avaient été obtenus avec l’Arabie saoudite, Bahreïn et les Émirats arabes unis.
Le voyage au Nigeria (Abuja) et au Sénégal (Dakar) n’avait pas été annoncé officiellement, mais les préparatifs étaient avancés. Sur fond de la guerre et des manifestations hostiles en Casamance, Macron devait notamment être reçu par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye en marge de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse à Dakar.
Cette décision intervient dans un contexte intérieur tendu. Le 17 octobre, des manifestations contre la vie chère avaient réuni entre 550 000 (selon le ministère de l’Intérieur) et 800 000 personnes (selon les organisateurs), émaillées de violences, de pillages et d’affrontements dans plusieurs villes. De nouvelles mobilisations étaient prévues le 24 octobre, sous haute surveillance, avec des interdictions de cortèges non syndicaux dans plusieurs agglomérations.
L’Élysée a insisté sur le fait que ce report « ne remet en aucune manière en question la volonté de la France de continuer à développer des alliances avec les pays africains ».
Ibou Camara
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