Burundi : Le gouvernement se prépare à accueillir des migrants expulsés des États-Unis vers un pays tiers
Le Burundi va prochainement accueillir des migrants expulsés des États-Unis d’Amérique, a déclaré mardi Nancy Ninette Mutoni, porte-parole de la présidence burundaise, lors d’une conférence de presse à Ngozi.
« Le Burundi va accueillir des migrants transférés par les États-Unis ; une fois sur place, ils seront accompagnés pour faciliter leur intégration et leur cohabitation avec les populations, dans le respect des lois », a-t-elle affirmé. Selon elle, les préparatifs se poursuivent, notamment concernant le lieu d’accueil, les moyens de subsistance et les modalités de cohabitation avec les populations locales.
Mme Mutoni a précisé que le pays n’acceptera que des personnes qui ne font pas l’objet de poursuites pénales et qui n’ont aucun lien avec le terrorisme. Celles qui souhaiteront acquérir la nationalité burundaise pourront en faire la demande. « Ceux qui en feront la demande et souhaiteront s’intégrer et contribuer au développement du pays pourraient voir leur situation examinée. Toute décision devra toutefois respecter les lois en vigueur », a-t-elle ajouté.
Les autorités burundaises justifient cette décision par la tradition d’hospitalité du pays et par la volonté de renforcer les relations diplomatiques avec Washington. Le président Évariste Ndayishimiye avait déjà évoqué cet accord en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.
Le Burundi rejoint ainsi une liste d’une quinzaine de pays d’Afrique subsaharienne ayant signé des accords d’expulsion vers un pays tiers avec les États-Unis, parmi lesquels le Cameroun, le Cap-Vert, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale, l’Eswatini, le Ghana, le Libéria, la République centrafricaine, le Rwanda, la Sierra Leone, le Soudan du Sud et l’Ouganda.
Ces accords permettent au gouvernement américain d’expulser des personnes qu’il souhaite voir quitter son territoire, y compris celles dont la procédure d’immigration est en cours et qui bénéficient d’une protection juridique empêchant leur renvoi dans leur pays d’origine en raison de risques de torture. Aucun chiffre précis sur le nombre de migrants concernés, le calendrier ou les aspects financiers n’a encore été communiqué. Un vol d’environ 70 personnes prévu vers le Burundi, le Rwanda et la Centrafrique avait été annulé récemment en raison d’une décision de justice américaine, avant que la Cour suprême n’autorise provisoirement la reprise de ces expulsions.
Maléguène
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