Vous êtes ici: Accueil » Actualité » Casamance: Réaction aux attaques de Xavier Diatta contre Mamadou Nkrumah Sané ou, «nous sommes tous des Nkrumah Sané»

Casamance: Réaction aux attaques de Xavier Diatta contre Mamadou Nkrumah Sané ou, «nous sommes tous des Nkrumah Sané»

Casamance: Réaction aux attaques de Xavier Diatta contre Mamadou Nkrumah Sané ou, «nous sommes tous des Nkrumah Sané»

« Akami apayi bouyik, Fuley Panalagnul Beraw. Kamat uyito, Manutikenol » Mamadou Nkrumah Sané.

Pourquoi Nkrumah Sané est en exil forcé ?

Un des principaux acteurs de l’insurrection nationaliste de décembre 1982, un des précurseurs du réveil du Mfdc, un des premiers persécutés par le régime de Diouf á cause de leur indépendantisme, un des casamançais qui « ont dormi casamançais et se sont réveillés sénégalais », Nkrumah fut l’un des principaux persécutés et condamnes, incarcéré pendant 12 ans pour une opinion politique. Ce n’était pas un prisonnier de droit commun, comme on veut nous le faire croire.

Puis expulsé de la Casamance via la Guinée Bissau pour rejoindre sa famille meurtrie, martyrisée, mais honorée par une épouse exemplaire, digne et couvant d’amour ses enfants. Lesquels enfants n’ont pas choisi de naitre en France pour y vivre, y étudier, puis y travailler dignement. Epargnons les nos basses jalousies. Comme lui le fait du reste, en les mettant à l’abri de ce que vous appelez ses chimères indépendantistes. Les critiques politiques envers un casamançais nationaliste venant de qui que ce soit ne doivent pas être polluées par les obscénités conduisant à fouiller dans les intimités des uns et de autres.

Nkrumah Sané, sous le coup mandat d’arrêt international, croulant sous les dettes à cause de la Casamance, travaillant honnêtement en bon Jamaat jusqu’ à sa retraite paisible et méritée, s’est appauvri pour une cause. Mais s´ est moralement enrichi pour sa ténacité dans la lutte. Cela est à saluer. Il reçut toutes les promesses de corruption imaginables de la part des gouvernants sénégalais, mais n’a jamais renoncé à défendre ce qu’il considère comme le droit de son peuple. Dans une large mesure, il a gardé bien des valeurs morales, spirituelles, politiques et sociales de sa culture Jamat. Juste deux exemples au sujet de sa personnalité.

1) Nkrumah ne rend jamais visite á un proche ou à un ami sans apporter sa propre nourriture, souvent bien préparée, á l’image de nos ancêtres soucieux de leur indépendance économique dans leurs vis et leurs conduites.

2) Son passage dans les pays arabo musulmans, l’a réveillé comme un Joola œuvrant pour la renaissance du système religieux Joola que nous autres intellectuels ou monothéistes ne prenons pas avec intelligence, la peine de revisiter. En d’autres occasions, j’y reviendrai. Car dans la perspective du projet culturel de la Casamance de demain, l’impératif d’une synthèse des modèles culturels est incontournable.

 Il ne faut jamais attendre une légitimité donnée par quelqu’un pour lutter contre la domination :

Vous reprochez à Nkrumah et donc à bien des leaders politiques en exil comme aux combattants pour la liberté de la Casamance de n’avoir aucune légitimité, de n´avoir aucun mandat pour qu’ils parlent au nom de leur peuple. Monsieur Diatta, de façon brève, si on devait attendre qui que ce soit, fut-il le peuple sacré, pour se mettre debout et affronter les injustices, défendre les droits par le combat, pas par la théorie, il n’y aurait jamais de saut décisif dans l’histoire de l’humanité.

A titre d’exemple de ce que je veux dire : Rosa Park la domestique afro-américaine, Alinsitoe Diatta votre « grand-mère », n’auraient jamais, respectivement inspiré les droits civiques au point de générer Barak Obama ou la résistance actuelle des casamançais. Ont-elles attendu des mandats ? Deuxième considération générale : Monsieur Diatta, les droits de l’homme ou des peuples, viennent toujours après le combat, pas avant. Nous autres intellectuels, devons arrêter de dire aux peuples de passer leur temps à se plaindre, à quémander du droit. Il faut leur dire, et c’est cela la vérité et la source du changement, d’engager des luttes et non en commençant par le droit dont la fonction est de formaliser un état politique, civique et citoyen.

Ça me rappelle l’idée imbécile qu’on ne trouve que chez les negro intellectuels, selon laquelle les esclaves, on les libère par la naïveté droit de l hommiste. Quand on est esclave, on change les rapports de forces en se battant. Je me souviens, alors adolescent, et vous aussi sans doute, que nos pères nous disaient « quand ton camarade te frappe ne vient pas te plaindre, venge-toi ». Cette sagesse jamat traduit une belle vision politique, consistant en l’idée de rapport de force.

Vous nous reprochez de falsifier l’histoire de la Casamance. Parce que celle officielle, dont moi aussi jadis élève je me suis gavé, nous raconte, selon l’approche hégélienne de l’histoire, que non seulement les sociétés segmentées et donc dites inorganisées, dite acéphales, n’auraient pas d’histoire, mais surtout qu’elles n’auraient pas été fondatrices d’Etat, au sens occidental ou hiérarchique du terme. Je vais laisser de côté cette question théorique pour la prochaine fois.

De quelques éléments schématiques structurant le narratif de la lutte : la Casamance n’est pas une region, mais un territoire en lutte nationaliste.

Voici en quelques questions ou aspects de problématisation en quoi consiste l’historiographie de la lutte du MFDC.

Du 15 siècle au 19 siècle, ce furent des séquences de résistances face aux portugais, anglais et français venus sur nos côtes chercher à la fois des esclaves, des matières premières, des débouchés et des points géostratégiques dans la conquête du monde, notamment des océans en vue du commerce. La résistance est la preuve même de l’existence de peuple, de conscience différentialiste, d’attachement aux intérêts stratégiques et vitaux du peuple.

Et lorsque Diamacoune la glorifie, ce n’est pas tant pour dire que le blanc français aurait consigné quelque part le droit de la Casamance á l’indépendance, mais pour mettre le doigt sur la réalité de peuple, la conscience des luttes menées et par là même, faire ressortir le droit de disposer de soi-même. En d’autres termes, le droit à l’indépendance, est lié aux luttes, aux résistances. De ce point de vue il est sui generis, pour reprendre le concept sociologique d’Emile Durkheim.

Pourtant, comme les Etats nation d’après les années 60, furent en fait, surtout pour les francophones, des créations du colonisateur, certains casamançais s’appuient sur des documents administratifs relatifs à la gestion politique du territoire, pour revendiquer le droit à l’indépendance. Cette interprétation de l’histoire pour légitimer la lutte, est tout aussi compréhensible : l’accord franco portugais de 1886, l’absence de caractère citoyen français de la Casamance, sauf après la loi cadre – le fait que le régime colonial réservé á la Casamance ressemblait plus au protectorat qu’à la colonie proprement dite à l’image de la colonie du Sénégal, etc.

La matière de ce contre narratif dont s’inspire le Mfdc a la propriété de scientificité, étant donné qu’elle consiste en des faits de combats, de lutte, sur toute l’étendue du territoire actuel de la Casamance. Autant le narratif officiel qu’on trouve dans les manuels scolaires sénégalais peuvent prétendre à une certaine scientificité, autant le contre narratif basé sur des faits de lutte d´où découlent la réalité et la conscience de peuple, peut prétendre à une certaine scientificité.

Car en définitive, l’écriture de l’histoire comme l’ont montré des philosophes comme Michel de Certeau et Michel Foucault, est un discours politique. Quand deux historiographies sont en lutte, on les départage en « dépoussiérant » les archives dans le cadre d’une interprétation critique. En vue, non pas de dire qui a la vérité, mais y a-t-il réalité de peuple et source de droit pour le peuple de disposer de lui-même. Seul un processus de négociation politique prendrait pleinement en charge cette question. Alors, vivement l’ouverture du processus de paix sur la question de la Casamance !!!

Puis la deuxième ligne historiographique fut la colonisation marquée par des traités, des batailles notamment en basse Casamance, des exactions coloniales, des arrestations et déportations, comme celle de Alinsitoe Diatta à Tombouctou (au nom de la mémoire de la lutte, nous devons tous exiger le retour de ses restes) Sihalebe Diatta, Djignabo Bassene, Moussa molo Baldé, Sounkary Camara, Dofa Bodian, etc… L’acte de lutte signifie simplement le désir de recouvrer l’indépendance du peuple. Les uns ayant refusé l’ordre économique arachidier donnant lieu à une pratique extravertie, les autres pour la défense de leur liberté de déterminer leur vie tout court.

La troisième ligne historiographique, c est celle allant du début du 20 siècle aux années 60 : là on trouve les faits de lutte et donc les preuves de conscience de peuple à travers le rejet de l’ordre colonial par le refus de payer l’impôt, de cautionner l’hémorragie démographique du fait de la guerre menée pour la libération de la France, la participation forcée ou voulue aux guerres que la France a menées et qui motiva la prise de conscience de De Gaulle en faveur de la mise en terme de la colonisation au travers du référendum de 1958.

Justement, lors de ce référendum pourquoi, c’est seulement en Casamance que le Non à De Gaulle comme en Guinée, fut majoritaire et quel est le sens de ce Non ? Le Mfdc est né en 1947 à Sédhiou. Donc avant la naissance du Sénégal en tant qu’Etat formellement indépendant ; je dirais qui a bénéficié et (c’est l’expression consacrée), du transfèrement de compétences dans le cadre de la Communauté française. Dans ce transfèrement de compétences, il n’y a pas la naissance d’une nouvelle citoyenneté sénégalaise de rupture, mais une citoyenneté ambiguë mêlant celle des 4 communes à celle nouvelle.

C’est justement ce qui fait que le Sénégal avec son socle des 4 communes ne pouvait pas aspirer à l’indépendance comme les deux Guinée, parce qu’il était déjà français. Comment expliquer ce passage d’une citoyenneté de seconde zone à celle dite indépendante sans aucune rupture fondamentale, comme la fin des bases militaires, la création d’une monnaie nationale, l’invention d’une économie intravertie et nationale qui mette fin par exemple aux intermédiaires commerciaux que la France a importés (les libanais), ainsi que l’Angleterre (les Indous) ?

Toujours sur la troisième séquence historique, après la naissance du Mfdc en 1947 suivie quelque trois ans plus tard de celle du BDS, formation politique de Senghor qui, comme on le sait gagnera face à Lamine Gueye les élections devant le conduire à diriger le Sénégal. Une alliance a été scellée lors de la bataille électorale entre Lamine Gueye et Senghor, entre le Mfdc et le BDS.

S’il y a eu une alliance, elle ne visait pas tant à l’indépendance du Sénégal, mais au maintien dans la communauté française. Puisque c’est cela qui était à l’ordre du jour. Or, et c’est cela, la finesse de Diamacoune dans la réécriture subversive de l’histoire de la Casamance à laquelle il s’est livré donnant ainsi un narratif nouveau dans le réveil du nationalisme casamançais, la revendication indépendantiste formulée dans les années 1979 puis 1980 s adressait à la France, pas au Sénégal.

La raison est simple. Comme la perspective de l’alliance Mfdc- Bds ne consistait pas en l’indépendance comme voulue par les peuples, il était normal que quelques années plus tard Diamacoune demandât l’arbitrage de la France, puisque justement l’indépendance du Sénégal ne reposait ni sur une nouvelle citoyenneté de rupture nationaliste, ni sur la fin de la précédente qui était de seconde zone. Dans cette alliance, il y a eu forcément un deal. Lequel ? Et avec la magouille de Diouf, Charpy vint dans les années 1994 nous plagier le livre de Christian Roche « conquêtes et résistances en Casamance » ; au titre d’un témoignage, pas d’un arbitrage. Là réside aussi la magouille.

Cette alliance traduit le fait que le Mfdc fût une formation ayant un agenda nationaliste pas régionaliste qu’on peut considérer comme un nationalisme embryonnaire. Non seulement il n’est pas né en même temps que le Sénégal indépendant, mais aussi son alliance avec le BDS, ainsi que les porteurs de pancarte revendiquant l’indépendance totale de la Casamance à l’ère des nationalismes de l’époque, visait à conduire un compagnonnage qui, à terme, devait être sanctionné par l’expression de la question de l’indépendance des territoires colonisés.

Soit, c’est le compagnonnage qui représentait le deal, soit les élites casamançaises furent piégées par Senghor qui a dilué ou noyé l’embryon nationaliste dans la fausse indépendance sénégalaise. Si bien que les vrais nationalistes sénégalais devraient être, comme Fernent l´a été, solidaire de la lutte pour l’indépendance de la Casamance. La leur devant être parachevée.

Et la Casamance en fait partie. Car si ce n’est donc pas un mouvement nationaliste lobbyiste comme on tente de nous le faire croire, c’est quoi alors ? Vu le contexte des indépendances de l’époque, vu le sillage tracé par ceux qui rejetaient le référendum de De Gaulle, vu la conscience de résistance nourrie par des siècles de luttes et qui jusque dans les années 1962 avait donné naissance à une rébellion (Mamadou Dia, avait demandé à ce résidu de résistance nationaliste africain, de bien vouloir quitter le maquis), le Mfdc était à l’évidence un embryon de nationalisme politique.

La paranoïa de Jammeh face au Sénégal versus la paranoïa de Barrow face au Mfdc

C’est très curieux de la part de mon frère Xavier qu’il n’ait pas vu que pendant 20 ans, de Diouf á Macky Sall en passant par Wade, le Sénégal n’a jamais aimé le fait que Jammeh, joola, ait exercé le pouvoir en Gambie. Tribalisme anti joola ou calcul géostratégique ? L’illustration, ce sont les nombreux coups d’Etat qu´il a fomentés à partir de son territoire, contre ce régime. Qui, en dépit de tous les reproches en matière de libertés publiques qu’on pourrait lui faire, a trois mérites : casser l’arrogance des sénégalais face aux gambiens qui avaient retrouvé leur fierté d’un pays souverain – la transformation infrastructurelle de la Gambie et la nouvelle conception d’une économie indépendante et basée sur l’autosuffisance alimentaire – la rigueur et la discipline pouvant cependant s’apparenter á du contrôle excessif des citoyens (mais paranoïa oblige peut-être). Avant Jammeh, la Gambie n’avait pas d’université, pas de télévision, pas d’armée, pas d’hôpitaux, pas de routes praticables traversant l’ensemble du pays. Ce sont des faits. On retiendra quand même qu’il est travailleur.

Tandis que Barrow refait allégeance au Sénégal ; lui livre tout y compris les secrets d’Etat, son armée qui n’existerait plus, son plan de développement qui repose désormais sur les bailleurs de fonds, son obsession sécuritaire qui le conduira à s’occuper de son régime que des problèmes sociaux gambiens. C’est curieux de voir qu’un frère casamançais ne comprenne pas du tout que les accords militaires signés avec Macky Sall visent à contenir militaire le Mfdc, en faisant la guerre par dissuasion et asphyxie.

Pourquoi des accords, alors qu’il suffit de reformer son armée et d’en faire le garant de sa souveraineté ? Pourquoi des accords, alors que Attika est à sa porte ? J’ai entendu le CEMGA de l’armée sénégalais mentir en disant que ces accords visent à faire faces au nouveaux défis sécuritaires dont la lutte contre le terrorisme dans la sous-région. Le front anti djihadiste se trouve a Sambissa Forest, au Macina du centre du Mali, dans les massifs Ifogas, autour du lac Tchad. C’est la où le Sénégal doit nouer des partenariats antiterroristes et cesser de jouer dans la cour des grand au Yémen sans avoir le ticket d´entrée.

La réconciliation en Gambie que Nkrumah gênerait veut dire pour vous la séquestration des Joola gambiens ; veut dire la persécution des refugies casamançais, la purge tribaliste dans l’armée, la perte de souveraineté de la Gambie ? il faut que nous élites casamançaises surtout Joola arrêtions notre complexe du gars poli, « Guem service », gentil, d’être stupides. Là où nos autres frères non joola se montrent décomplexés et hostiles à la corruption des Souroua

Le Mfdc pouvait s’appeler autrement, la nécessité de la lutte aurait été la même.

En le réveillant, les Diamacoune, Nkrumah,  Ousmane Tamba,  Sidy Badji,  Ndiaye PDS,  Edmond Bora, Sanoun Bodian, Sarani Manga Badiane, Mamadou Diémé, Ibou Camara, Moustapha Camara, Sarany Manga Badiane, Famara Sonko, Aliou Badji, avaient soit le droit de restaurer son vrai contenu, soit de le densifier. Qu’il s´appelât Mfdc ou autre, l’insurrection nationaliste, vu l’itinéraire politique de la Casamance, devait fatalement resurgir.

Vous aimez dire qu’au milieu du MFDC et du gouvernement du Sénégal, il y a les populations de la Casamance, prises en otage par Nkrumah. Cela fait 35 ans que la Casamance est militarisée, est érigée en territoire de fait, de non droit. Quand on militarise un territoire, mon frère, il n’y a plus de démocratie, plus de droit de l´homme, plus de politique.

C’est le sécuritarisme qui règne et c’est pourquoi en Casamance ce sont les généraux qui ont le pouvoir. C’est la militarisation de la Casamance qui prend en otage les populations. Lesquelles sont autochtones à l’image de leurs fils qui sont dans le maquis ou qui sont pourtant en exil. La condition d´exil s’applique aujourd’hui aussi à nos frères qui sont dans le maquis. Car l´on peut être chez soi et être en exil.

Nkrumah, Ousmane Tamba, Apakena, Salif, César, Paul, Compasse tout le monde est en exil. L´exil commence lorsqu’ il y a une déterritorialisation en étant sur son territoire, sous la pression d’une force réprimante contre ton idée politique, au sens ou l’entend Gille Deleuze dans « Mille Plateaux », si le livre vous intéresse.

Oui, le peuple, sacré ; mais dans le cadre d’un référendum détermine par un accord politique.

C’est aussi la situation conflictuelle, c’est à dire aujourd’hui de ni paix ni guerre qui prend en otage les populations : c’est pourquoi, et c’est à notre avantage, nous avons exprimé notre attachement à la paix, pour casser la stratégie consistant à encrer la guerre chez nous. Mais la paix, doit consister en un processus de négociations sanctionné par un accord politique, suivi d’une garantie de son application. Le tout sous les auspices d’un médiateur.

Telle est, de façon succincte, la conception que nous avons de la paix. On nous reproche souvent de ne pas avoir de légitimité pour défendre une cause ou que la population est contre l’idée d’indépendance. Ceux qui font ce reproche ont tous les médias, l’argent et les forces armées, ainsi que les appareils idéologiques d’Etat à leur disposition. Alors, ce sont eux qui ne respectent pas le peuple. Parce que celui-ci, face à une crise de la sorte, la crise visant à questionner le vivre-ensemble, aurait été honoré, respecté en l’interrogeant. C’est ce qu’on appelle le référendum. C’est ce que signifie entre autres l’expression de Diamacoune « la paix dans la justice et dans la vérité »

Or un référendum ne se fait jamais de façon unilatérale. Il se fait en mettant en compétition deux idées, ce à armes égales, en vue de laisser le peuple se prononcer librement suite à une campagne de oui ou de non. Le projet de référendum pourrait aussi faire partie du texte d’accord. Voilà ce que c’est que la paix politique. Tant qu’on l’ignore, le PSE qui le plan de paix pour Macky Sall ne pourrait pas prospérer en Casamance.

Les grandes démocraties, y compris au cœur de l’Europe, ont organisé, ou sont sur le point de le faire, des référendums d’auto détermination et aucun sang n’a coulé. Des mouvements séparatistes y fleurissent : Ecosse, Catalan, Corse, Kossovo, au Canada le Québec, Irlande, etc. En Afrique, contrairement à ce qu’ on nous vend nous fait avaler depuis des décennies, l’histoire de l’Afrique n’est tant dans la réalisation de la moindre chose pour l’unité, mais au contraire, tout ce qui a été dynamique politique en Afrique c’est paradoxalement la naissance de nouvelle Nations : depuis 30 ans d’histoire, il y a en a plus de trois qui sont nées et aujourd’hui encore sous nos nez et barbes, la Casamance, le Biafra, Zanzibar, Katanga, L’Azawad, Le Sahara occidental, le Delta du Niger, bientôt le Nord Nigeria, etc. La roue de l’histoire de l’Afrique tourne aussi dans ce sens. C’est un beau challenge qu’il faut aussi relever en sortant du panafricanisme idéaliste.

Pour bien des irrédentismes, on assiste à des dynamiques de négociation, de paix. Pourquoi pas le Sénégal. Qu’est-ce que le Sénégal a de diffèrent pour qu’il continue de nous afficher son orgueil jusque dans le refus de rencontrer les leaders et les élites politiques et militaires du Mfdc, avec le soutien d’un médiateur fiable et fort ?

Résumé et appel au débat serein, libre et équitable :

Sans fouiller dans les poubelles comme vous l’avez fait, en s’attaquant bassement à Nkrumah et à sa famille qui ne vous a rien fait, et partant, à nous tous leaders du Mfdc, telle est la réaction que je voudrais exprimer. En résumé, elle vise de façon succincte à indiquer que le discours historique de Sane, et donc du Mfdc, n’est pas de la chimère, mais un narratif cohérent. Celui de la rupture.

Car toutes les luttes se prémunissent de narratif, en tant qu’ils sont eux-mêmes acte (consulter Austin théoricien du langage comme acte performatif). Elle vise aussi à questionner, et c’est la tâche de tout intellectuel soucieux de la démarche épistémique de problématisation des choses, le vivre ensemble politique, la construction et la mise en crise des Nations.

Elle vise enfin à indiquer qu’au finish, pour la question de la Casamance, on ne peut déterminer la légitimité formelle en vue d’une solution politique, qu’à travers l’acte consistant à mesurer une opinion, à la faveur d’un texte d’accord de paix.

En d’autres occasions, j’espère revenir en détails et en débats ouverts aux élites indépendantistes pas à vous seuls qui en êtes leurs détracteurs, pour expliciter certains aspects. Vous venez d’être auteur d’un texte poignant, si enrichissant pour le débat, pour que nous cessions de nous donner en spectacle d’étalage des intimités et d’offense des dignités. « Agnil Ajamat Aguelorit Aanafan !!! » même si, à raison ou à tort, on n’est pas d’accord avec lui.

 Dr Ahmed Apakena Dieme CIU du Mfdc, Bonn /RFA.

Commentaires (7)

  • Balla Moussa

    Mais c’est qui même ce Xavier, il vient d’où? Vous savez, il y a malheureusement des esclaves qui ne s’affranchisseront jamais même si on leur ouvre la porte de la liberté. Ils deviennent alors plus dangereux que leurs maîtres. C’est vraiment pathétique pour la CASAMANCE

    • Kewulo

      PARFAITEMENT RAISON BALLA MOUSSA ET ALINOU. CE MONSIEUR X , LUI QUI EST ESCLAVE DES SN SE COMPORTE COMME LEUR PROTECTEUR CONTRE SES PROPRES PARENTS. CE MR.X N’EST QU’UN PERDU AU DIABLE.

  • alinou

    « Les critiques politiques envers un casamançais nationaliste venant de qui que ce soit ne doivent pas être polluées par les obscénités conduisant à fouiller dans les intimités des uns et de autres.

    Nkrumah Sané, sous le coup mandat d’arrêt international, croulant sous les dettes à cause de la Casamance, travaillant honnêtement en bon Jamaat jusqu’ à sa retraite paisible et méritée, s’est appauvri pour une cause. Mais s´ est moralement enrichi pour sa ténacité dans la lutte. Cela est à saluer  » .

    Merci Dr. Apakéna Diémé pour cette excellente sortie non seulement très informative mais aussi éducative.
    Exactement ce qu´à besoin ce Mr. Diatta qui s´attaque à Nkrumah Sané sans Raison.
    Nkrumah en bon Casamancais et un des responsables du MFDC soucieux de ce qui se trame contre la CASAMANCE a pris la responsabilité de se prononcer sur cette Situation assez inquiétante , c´est normal, légitime et salutaire.
    Qu´a fait ce Diatta depuis tout le temps que la CASAMANCE souffre? il a aidé à combattre son propre peuple comme il continu à le faire présentement en voulant marginaliser NKRUMAH Sané c´est abérant.
    Ces Cadres Cons Casamancais (CCC)ne sont là que pour faire les sales boulots du Sénégal en Casamance et contre la Population casamançaise.
    Ils ne se prononcent que pour attierer l´attention du Gouvernement sénégalais sur eux pour une autre sale Mission contre la CASAMANCE.
    Vous avez tord de vous attaquer et tutoyer Nkrumah , sa famille ne vous à rien fait encore moins Nkrumah alors épargnez ses enfants ,sa famille de vos commérages.restez objectif.

    Jouez aux marionnettes du Sénégal, éssayez de vous enrichir des souffrances du peuple , cherchez votre buzz vous venez de vous réveiller sûrement d´un très long sommeil, lisez le Dr. Apakéna Diémé sa vous servira de leçon, mais laisser cet honorable GRAND MONSIEUR et sa famille tranquille.
    Nous n´oublierons JAMAIS ce que NKRUMAH comme tout ces GRANDS HOMMES cité par DR. DIÉMÈ ont donnés ou continuent à donner à la CASAMANCE.
    Ces hommes ont osés dire NON quand il le fallait et ont défendus les interêts de la CASAMANCE en se positionant clairement au Point d’y perdre leurs viel pour les uns , pendant que VOUS soyez utilisé comme arme contre eux et le peuple, c´est honteux.
    Ces courageux HOMMES méritent notre respect , reconnaissance,encouragement, soutien, ce sont des MRS à honorer et non à tirer dans la boue.

    C´est ce qui nous manque le PATRIOTISME , respectez et donner de la considération à vos proches et parents pour que les autres fassent de même et VOUS respectent .

    Bravo Dr. Diémé pour votre patriotisme,intelligence, bon sens, compétence et le rappel des valeurs profonds du casamançais en General.
    Ce Mr. Diatta par son long compagonnage avec le Senegal voir même par défaut de vouloir obligatoirement faire parti d’eux a fini par perdre ces valeurs

    Très bonne Intervention Docteur , mes Respekts.

    Vive la CASAMANCE unie dans la lutte de Libération.

    • Badibou

      Les commentaires m’inspirent beaucoup. Alinou c’est forminable, Teesito et Awagna et tos autres sont des patriotes. Xavier Diatta avec son bidon de livre n’enchante personne en Casamance. C’est le produit de CASAMANQUAIS.

  • Teesito

    XAVIER DIATTA EST ENGORGE DE DETTES POUR UN AVION D’EPANDAGE D’ENGRAIS ET DE PESTICIDE DANS LE NORD DU SENEGAL. IL DOIT PAYER SES DETTES ET DONC IL FAUT COMPRENDRE POURQUOI CE MR DISTRAIT LES SENEGALAIS ………….

  • Zeus

    Ce n’était même dans la peine de répondre à des idiots et des traitres de la Casamance. Leur seule idée est comment affaiblir le Mfdc parce que eux sont des baise-pieds des sénégalais.

  • Awagna2000

    Nous ne voulons plus de ces gens-là comme Xavier Diatta, Fiju di Merda, qui au lieu de protéger la démocratie et le droit à la liberté pour laquelle des milliers casamançais ont perdus la vie lui et ses sponsors CCC ou autres sont entrain de protéger un système sénégalais pire que colonial en Casamance avec lequel ils partagent la rente. Pourquoi Xavier ne nous parle pas par exemple des fosses communes, des viols, des personnes jetées vivantes en mer, le bateau le Joola, l’état de l’éducation de la santé. Il servait bien l’armée sénégalaise au moment des massacres en Casamance ! S’il est fier de sa sénégalité alors il n’a qu’à respecter la fierté de ceux et celles qui s’identifient CASAMANCAIS. Nous comprenons tous que sa plume est pilotée par l’argent de ceux qui sont à Dakar et qui pensent que la Casamance les appartient.
    MERCI APAKENA DIEME POUR TA REPONSE A CET ARRIVISTE ET NO NAME
    VIVE LA CASAMANCE INDEPENDANTE.

Copyright © 2013 Tamba Networks Inc. All rights reserved.

Retour en haut de la page