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Mali : 54 civils égorgés par l’État islamique découverts à Tagadayat

Mali : 54 civils égorgés par l’État islamique découverts à Tagadayat

À Tagadayat, hameau isolé à une trentaine de kilomètres au sud-est de Ménaka, les Forces armées maliennes ont découvert les corps de 54 civils. Une patrouille déclenchée après un signalement d’attaque a permis d’extraire neuf rescapés, évacués vers Ménaka pour y être soignés. Les victimes ont été inhumées sur place. L’État-Major général des armées maliennes attribue sans ambiguïté cette tuerie à l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), sur la base des premiers témoignages recueillis.

La région de Ménaka est devenue, depuis le printemps 2022, l’épicentre de l’expansion territoriale de l’EIGS. Profitant du retrait progressif des forces étrangères et du redéploiement des groupes signataires de l’accord d’Alger, les djihadistes multiplient les massacres communautaires, visant principalement les populations touarègues Daoussahak autour d’Andéramboukane, Tidermène et Infoukaretane. Des bilans dépassant parfois la centaine de morts avaient déjà été documentés par des organisations humanitaires en 2022 et 2023. Le mode opératoire reste le même : assauts contre des campements isolés accusés de proximité avec des groupes rivaux comme le MSA ou le GSIM, affilié à Al-Qaïda.

Depuis le départ de Barkhane fin 2022 et le retrait complet de la Minusma en décembre 2023, Bamako s’appuie essentiellement sur les instructeurs russes de l’Africa Corps. Ce dispositif n’a pas enrayé la progression de l’EIGS dans l’est du pays. La reprise de Kidal en novembre 2023, présentée comme un tournant par les autorités de transition dirigées par le général Assimi Goïta, n’a pas réglé la question djihadiste, distincte des rébellions touarègues.

L’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) annonce une force conjointe de 5 000 hommes, mais peinent à prouver son efficacité opérationnelle. Pendant ce temps, des milliers d’habitants de Ménaka fuient vers les camps de déplacés ou traversent la frontière nigérienne vers Tillabéri. L’accès humanitaire restreint laisse craindre que le bilan de 54 morts ne soit qu’un chiffre partiel.

Maléguène

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