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Mali : une rançon de 50 millions de dollars aurait renforcé les capacités du JNIM

Mali : une rançon de 50 millions de dollars aurait renforcé les capacités du JNIM

Une rançon d’environ 50 millions de dollars versée en 2025 pour obtenir la libération d’un otage détenu au Mali a considérablement renforcé les capacités financières du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), coalition liée à Al-Qaïda, selon un rapport d’experts des Nations unies.

Le rapport, daté du 10 août et publié le lendemain, indique que la majeure partie de la somme aurait été redistribuée entre les katibas du JNIM opérant au Sahel. Les experts estiment que ces fonds ont joué « un rôle clé » dans le financement de l’offensive du groupe à travers le Mali.

Le document ne précise ni l’identité de l’otage ni celle du payeur, et ne détaille pas les modalités du transfert. Trois sources régionales interrogées attribuent toutefois le paiement aux Émirats arabes unis. Selon elles, un ressortissant émirati aurait été libéré avec deux autres étrangers, de nationalités pakistanaise et iranienne. Abou Dhabi n’a pas confirmé cette information, se bornant à réaffirmer son opposition au financement du terrorisme. Les gouvernements pakistanais et iranien ainsi que Bamako n’ont pas répondu aux demandes de commentaires de la presse internationale.

Le montant constitue une exception par son ampleur. Selon des sources sécuritaires citées par Reuters, les rançons versées précédemment pour des ressortissants étrangers au Sahel se situaient généralement entre 4 et 6 millions de dollars. Le paiement de 50 millions aurait ainsi fourni au JNIM des ressources sans commune mesure avec les sommes habituellement obtenues par les enlèvements.

Les experts de l’ONU évaluent à 7.000-8.000 le nombre de combattants du JNIM au Sahel, dont environ la moitié au Mali. Le groupe est également actif au Burkina Faso et au Niger, ainsi que dans le nord du Bénin et du Togo.

Une partie de la rançon aurait ensuite circulé au sein du réseau Al-Qaïda. Le rapport indique qu’une fraction aurait été attribuée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), qui aurait à son tour transféré des fonds au commandement central d’Al-Qaïda et à Al-Qaïda dans la péninsule Arabique, au Yémen. Reuters n’a pas pu vérifier les montants effectivement transférés.

L’ONU souligne que les enlèvements constituent désormais une source de revenus importante pour le JNIM. Plus de 20 étrangers avaient déjà été enlevés autour de Bamako et dans le sud du Mali, selon un précédent rapport d’experts, qui estimait que les rançons avaient contribué à remplir les caisses du groupe et à l’encourager à poursuivre cette activité.

L’affaire illustre ainsi le risque qu’une opération destinée à libérer des otages puisse, par le versement d’une rançon, fournir à une organisation armée les moyens de financer durablement ses opérations au Sahel et au-delà.

Balanta Mané

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