Guinée-Bissau : l’armée de Terre désarme la garde de Horta N’Tam compromettant le retour annoncé d’Embaló
À quelques jours du retour annoncé de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló à Bissau, prévu le 4 octobre 2026, la garde rapprochée du chef de la junte, le général Horta N’Tam, a été désarmée par les bérets rouges de l’armée de Terre (Exército). Ces mouvements, rapportés par plusieurs sources et sur les réseaux sociaux, s’inscrivent dans un climat de forte nervosité au sein de l’appareil sécuritaire, dix mois après le putsch du 26 novembre 2025.
Le désarmement de cette garde prétorienne formée en république du Congo pour assurer la sécurité de l’ex-président autoproclamé traduit une fracture interne au sein des forces armées, directement liée au retour imminent d’Embaló. De nombreux observateurs et opposants, dont Domingos Simões Pereira, ont toujours qualifié le coup d’État de « mise en scène » ou de combine politique. Horta N’Tam avait été nommé chef de l’armée de Terre par Embaló lui-même, et le Premier ministre de transition, Ilídio Vieira Té, était son directeur de campagne. L’objectif initial de la junte visait à neutraliser l’opposition parlementaire, suspendre les activités politiques et réécrire la Constitution pour instaurer un régime présidentiel fort. La nouvelle Constitution, adoptée le 30 août 2026, a considérablement renforcé les pouvoirs du futur président.
Selon des sources bien informées, en désarmant la garde du chef de la junte, l’Exército chercherait à bloquer un éventuel plan de restauration d’Embaló. L’annonce officielle de sa candidature à la présidentielle du 6 décembre 2026, sous la bannière d’une « Plateforme républicaine », et son retour fixé au 4 octobre ont brisé le statu quo. Au sein de la troupe et des officiers de l’armée de Terre, la crainte d’une purge est vive : un Embaló de retour avec une Constitution ultra-présidentielle aurait les mains libres pour épurer l’état-major.
Ce geste s’inscrit aussi dans la fragmentation historique de l’armée bissau-guinéenne, agrégat de factions plutôt que bloc monolithique. L’armée de Terre, force de masse du pays, s’est désolidarisée de la garde du chef de la transition, le privant de sa puissance de feu immédiate et le plaçant sous surveillance des troupes régulières.
Les autorités ont appelé au calme, qualifiant les mouvements de simples affectations habituelles et écartant tout risque immédiat. Pourtant, le désarmement ouvre une période de haute incertitude à Bissau, à l’approche d’un retour qui cristallise toutes les tensions.
Balanta Mané
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